Révision constitutionnelle:un vote au parlement prime sur le référendum!
Les déclarations des personnalités politiques pro-clan présidentiel sur la révision de la Constitution et son rapport avec les prochaines élections présidentielles suscitent une avalanche de questionnements.
Ce qui suscite le plus d’interrogations, c’est bel et bien les propos tenus par Saïd Bouhadja, membre du Bureau politique (BP) et porte-parole du Fln. « Le FLN ne s’opposera pas à la révision constitutionnelle après le scrutin présidentiel », a-t-il indiqué.
Une déclaration qui contredit diamétralement celle du secrétaire général du vieux parti, Amar Saadani, et celle de du président du MPA, et un des hommes fidèles au président Bouteflika, Amara Benyounès qui a déclaré à la chaîne satellitaire française, France 24 qu’il estimait que la révision aura lieu après les élections.
Une chose est certaine est que le temps n’est pas en faveur de la révision de la Constitution initiée par Bouteflika lors de son discours prononcé en avril 2011.
A cet effet, une question digne d’être posée: est-ce la révision constitutionnelle ne fait plus partie des priorités du locataire de El Mouradia ? Quelle est son rapport avec la candidature de Bouteflika pour la prochaine échéance?
Pour trouver des réponses à cette question, Echorouk a contacté le spécialiste de droit constitutionnel, Amar Rekhila qui estime que l’aspect du temps n’entrave la révision que si on doit la soumettre un référendum populaire, mais si elle se limite à être soumise au vote du Parlement (APN/Sénat) sans autant toucher à l’équilibre des pouvoirs, il y a en effet suffisamment de temps et ne se heurte en aucun cas à la convocation du corps électoral.
Du point de vue juridique, Maître Rekhila a dit que si la révision constitutionnelle n’affecte d’aucune manière les équilibres fondamentaux des pouvoirs, peut être adoptée sans la soumettre à un référendum populaire, et que la création d’un poste de vice-président peut être votée en la soumettant au pouvoir législatif.
En revanche, l’enseignant de sciences politique à l’Université d’Alger, Abdelali Rezagui estime que Bouteflika n’a pas l’intention de réviser la Constitution dans le but de créer un poste de vice-président. « Bouteflika a déclaré lors de sa première mandat qu’il ne veut pas être un ¾ de président. Accepterait-il alors partager les prérogatives avec son vice-président d’autant que celles-ci ne diffèrent pas de celle du président lui-même. C’est irréalisable ! », a-t-il analysé, ajoutant que c’est l’entourage du président qui tente de véhiculer cette proposition dans l’espoir de se maintenir en poste même en cas de départ de Bouteflika.
Notre interlocuteur attire l’attention au fait que « le président est incapable de s’adresser debout au peuple, ce qui donne l’avantage au vice-président».
En outre, Abdelali Rezagui estime que « tout ce qu’a pris Bouteflika comme décisions jusqu’ici a pour effet de couper l’herbe sous le pied de Benflis ».