Riyad se félicite du “succès” du Hadj malgré un risque de violences
Les autorités saoudiennes se sont félicitées du “succès” du pèlerinage annuel musulman qui s'achevait mercredi sans incident, malgré le risque de violences.
Les fidèles retardataires s’activaient à effectuer les derniers rituels du pèlerinage à La Mecque, premier lieu saint de l’islam en Arabie saoudite, que la majorité des quelque trois millions de musulmans venus de tous les coins du monde ont accomplis la veille.
“Nous remercions Dieu pour le succès du pèlerinage”, a déclaré le prince héritier du royaume, Nayef Ben Abdel Aziz, également ministre de l’Intérieur, en recevant à La Mecque les commandants des forces de sécurité en charge du hajj.
Les autorités ont mobilisé cette année plus de 239.000 personnes, y compris quelque 100.000 agents de sécurité et membres de la défense civile, pour assurer le bon déroulement du hajj. 2.927.717 fidèles, dont 1.828.195 venus de l’étranger, ont participé à ce plus grand rassemblement annuel au monde.
“Avec les bouleversements dans le monde et dans notre région, on s’attendait à ce que certains (pèlerins) mettent à profit le pèlerinage pour provoquer un certain chaos. Mais grâce à Dieu, cela ne s’est pas produit”, a indiqué le prince Nayef.
Il faisait allusion aux révoltes qui secouent certains pays arabes, notamment la Syrie et le Yémen, après avoir provoqué la chute des chefs d’Etat en Tunisie, en Egypte et en Libye.
Les pèlerins iraniens avaient prévu d’organiser une manifestation anti-américaine le 5 novembre dans leur campement dans les Lieux saints, mais on ignore si ce rassemblement avait eu lieu.
Cette manifestation était redoutée par les Saoudiens alors que l’affaire d’un complot iranien présumé contre l’ambassadeur saoudien à Washington, révélée par les Etats-Unis, a envenimé les relations entre les deux pays.
Des violences ont régulièrement opposé les forces saoudiennes aux fidèles iraniens accusés de transformer le pèlerinage en tribune politique anti-israélienne, anti-américaine et hostile au régime saoudien.Les plus graves affrontements avaient fait 402 morts, dont 275 Iraniens, en 1987, provoquant une rupture de plusieurs années des relations entre Ryad et Téhéran.
Le rituel de lapidation de Satan dans la vallée de Mina, près de La Mecque, un exercice à haut risque que tous les pèlerins étaient tenus de répéter pendant trois jours, s’est déroulé sans encombre, selon les autorités.L’aménagement du site, auquel les pèlerins accèdent désormais par un pont de plusieurs niveaux, et le renforcement des mesures de sécurité ont permis une plus grande fluidité durant cet exercice, qui avait par le passé provoqué des bousculades géantes et des centaines de morts.
En janvier 2006, 364 pèlerins sont morts piétinés lors d’un mouvement de panique, et 251 deux ans auparavant. En juillet 1990, 1.426 pèlerins avaient péri, la plupart étouffés lors d’un mouvement de panique dans un tunnel.