Sellal connaîtra-t-il le même sort que ses prédécesseurs ?
De tous les chefs de gouvernement qui se sont succédé sous le règne de Bouteflika, Ahmed Benbitour s’est singularisé en démissionnant quelques mois seulement après sa nomination, et ce pour ne pas avoir pu mener à terme son programme tel qu’il l’a conçu.
Vu la guerre acharnée opposant actuellement le secrétaire général du FLN, Amar Saâdani au Premier ministre, Abdelmalek Sellal, une question merite d’être posée: Sellal aura-t-il le même sort que ses prédécesseurs évincés par Bouteflika ? En effet, l’ex-secrétaire général du FLN, Ali Benflis était victime de ses ambitions de mener la course vers le Palais de EL Mouradia. Selon des observateurs, il aurait été enflammé par certains de hauts dirigeants de l’Armée, à l’image de l’ancien chef d’état-major, Mohamed Lamari et certains généraux. Du moins, c’est ce qui circulait en 2003, soit un an avant l’échéance présidentielle de 2004, dont Boutelika était candidat à sa propre succession.Cependant, en dépit de ce soutien que lui ont affiché certains hauts gradés de la «grande muette», Benflis n’était plus en mesure de rivaliser le président sortant, Bouteflika, qui jouissait d’un important soutien tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, d’autant plus que d’importantes capitales du monde lui ont exprimé leur soutien.Il est à noter que l’ex-secrétaire général du RND et ancien chef du gouvernement, Ahmed Ouyahia, s’était attiré les foudres du chef de l’Etat, d’après des observateurs, en refusant la révision de la Constitution et suite à des différends avec Bouteflika sur des questions d’ordre économique, en démissionnant en 2006.Deux ans plus tard (2008), Ahmed Ouyahia revient de nouveau au pouvoir en remplacement de Abdelaziz Belkhadem, en donnant l’impression que ses différends avec Bouteflika seraient réglés. D’ailleurs, il a changé d’opposition en devenant partisan de la révision constitutionnelle ayant permis au chef de l’Etat de briguer un troisième mandat. Au moment où tout le monde se dit que tout est rentré dans l’ordre, Ahmed Ouyahia a annoncé à plusieurs occasions son intention de se porter candidat à la présidentielle de 2014, ce qui était éventuellement pas du goût du président de la République. En outre,il aurait même commis l’irréparable ,aux yeux de Bouteflika, en déclarant que «je dérange» et que «l’argent mafieux gouverne le pays». Selon toujours des observateurs, Ouyahia aurait évité d’évoquer les crimes commis par l’armée coloniale en Algérie ainsi que la loi criminalisant le colonialisme français en Algérie. En effet, il ne s’arrêtait pas à ce niveau, car il est allé même à s’acharner ardemment contre Erdogan, qui avait conseillé à la France de reconnaître son «génocide » en Algérie.