Sellal: “Saïd Bouteflika n'a jamais interféré dans mes prérogatives”
L’ancien Premier ministre et directeur de campagne du président candidat Abdelaziz Bouteflika , Abdelmalek Sellal, a évoqué dans cette interview exclusive pour le quotidien Echorouk sur le bilan du Président, qu’il qualifie de positif, tout en déplorant l’ingratitude et le déni à l’encontre de Bouteflika, et exonérant le frère du Président, en l’occurrence Saïd, des rumeurs relatives de son ingérence dans les affaires du pays, et d’affirmer qu’il assumait seulement ses fonctions de conseiller du président. Sellal dément catégoriquement son désaccord avec l’état- major de l’ANP et avec les institutions de l’Etat, et nie aussi l’existence d’un conflit entre la Présidence et l’institution militaire.
Le directeur de campagne du président-candidat Abdelaziz Bouteflika, rassure les souscripteurs de l’AADL, et évoque pour la première fois le projet de la révision de la Constitution. Quant au poste de vice-président, celui-ci ne figure pas dans le brouillon présenté au président de la République. Dans ce contexte, l’invité du quotidien Echorouk, promet à l’opposition d’obtenir de nouveaux acquis. Sellal, n’a pas laissé cette occasion pour renouveler ses excuses à l’endroit les gens des Aurès, tout en soulignant que jusqu’à présent, jamais un officiel algérien n’avait présenté des excuses au peuple depuis l’indépendance, et confirme que son humour avec un ami, a été exploité politiquement, parce qu’il y a en Algérie ceux qui sont inquiets de la simplicité d’un haut fonctionnaire dans ses rapports avec les citoyens.
Après un long silence, l’ancien chef d’état, Liamine Zeroual, s’est exprimé publiquement à travers un communiqué dans lequel il a évoqué la situation politique du pays et l’enjeu des élections présidentielles ?
En effet, je l’ai lu comme tout algérien. Zeroual est une personnalité nationale d’envergure, il a joué un rôle important dans la période sensible de l’histoire de l’Algérie, il a fait son devoir comme il se doit et je reconnais sa volonté et ses capacités, moi, qui a eu le privilège de travailler avec lui en tant que ministre de l’Intérieur, ce qui concerne sa déclaration, cela relève de son opinion personnelle acceptable dans le débat démocratique.
Le président Zeroual a critiqué explicitement dans sa déclaration de l’amendement de l’article 74 de la Constitution de 2008, et a estimé que la prorogation des mandats présidentiels entravent le processus de redressement national et handicapent la démocratie, quel est votre commentaire ?
Il y a eu beaucoup d’encre qui a coulé à propos de ce sujet, et quand nous parlons de cet article comme une possibilité juridique, nous devons établir des comparaisons avec d’autres pays démocratiques. Et cela, peut-il créer une quelconque problématique ou un frein à la démocratie ?
Lorsque nous parlons de la personne du Président comme une soupape de sécurité pour le pays, il y a lieu de s’interroger sur son absence remarquée de 22 mois. Et les Algériens ont le droit de s’enquérir de son état de santé et comment va-t-il les gouverner pour les cinq prochaines années ?
Le Président a réapparu dernièrement, en se déplaçant au niveau de Conseil constitutionnel pour le dépôt de son dossier de candidature. Il ya ceux qui doutaient de cela. Je réitère que le Président se porte bien. Certes, il souffre de quelques déficiences, qui seront à termes résolus. Malgré cela, vous avez remarqué que pendant la maladie du Président, toutes les institutions de l’Etat, ne souffraient d’aucunes lacunes dans leurs activités. Cela prouve que les institutions ont assumé leurs tâches convenablement.
Durant votre périple à travers le pays, vous avez distribué d’énormes enveloppes, ce qui est perçu comme une campagne électorale, qu’en dites-vous ?
Effectivement ! L’argent ne résout pas tous les problèmes, et notre discours sur la nécessité de se débarrasser de la dépendance de la rente confirme que nous croyons en la nécessité de bâtir une économie.
La ville de Ghardaïa a connu des troubles, quelles en sont les raisons directes selon vous ?
Il n’est secret pour personne, que cette cité est constituée des Ibadites et des Malékites, et il n’ya aucune différence entre eux. Si des escarmouches, il y a, elles sont passagères. Pour nous, nous sommes là pour éteindre la fitna, qui s’apparente comme un véritable complot. Nous espérons arriver rapidement à remettre les choses en ordres.
Vous avez promis de présenter le bilan du gouvernement, chose qui n’a pas été faite, pourquoi selon vous ?
En ma qualité de responsable du gouvernement durant les 18 mois, je le présenterai au Parlement en cas, où notre candidat, sera élu. Mais je vous rappelle qu’à chaque sortie sur le terrain à travers les différentes wilayas, je n’ai cessé de présenter un bilan dans ce sens, qui s’avère positif dans de nombreux secteurs.
Est-ce que vous allez éponger les dettes de l’Ansej, en cas de réélection de votre candidat ?
Pas du tout. Sauf que nous allons rééchelonner les dettes car nous sommes tenus à préserver les équilibres financiers de l’Etat, sans prendre le risque de s’aventurer avec l’argent public.
Selon les observateurs, vous l’homme du consensus entre le Président et les services de renseignement, où, vous, placez-vous dans cette équation ?
Ce sont des propos sans fondement et insensés. Je suis un homme d’État au service de tous les Algériens, et le président de la République comme dit l’adage est le seul patron.
Beaucoup d’encre a coulé sur l’ingérence du conseiller du Président, son frère Saïd Bouteflika, dans les affaires du gouvernement, le confirmez-vous?
Ces déclarations ne sont d’aucune authenticité et sans fondement. Saïd Bouteflika ne s’est jamais interféré dans mes obligations, en sa qualité de conseiller du Président, ce dernier, n’a fait aucun dépassement. Soutenant son frère, c’est légitime et j’en ferais de la même sorte, d’ailleurs, où réside le problème dans tout ça ?
Que pensez-vous de la nomination d’Ahmed Ouyahia et Abdelaziz Belkhadem ?
C’est la décision du président de la République et qui se respecte, et ces derniers s’engagent dans les missions qui leurs sont dévolues.
Un dernier mot…
Je n’attends rien, je le dis et le répète, l’Algérie, a besoin de stabilité pour réaliser sa croissance économique, Bouteflika l’a prouvé, ce qui mérite d’être à ses cotés pour un nouveau mandat.