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Soumeylou Boubèye Maïga: « Le Mali ne reconnaîtra pas le CNT avant la formation d’un gouvernement »

الشروق أونلاين
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Le chef de la diplomatie malienne Soumeylou Boubèye Maïga, a exclu l’hypothèse de la fuite du colonel Mouammar Kadhafi à la région du Sahel ou au Sahara. Selon lui la fuite ou non du « Guide » n’est pas importante à l’heure actuelle. « Le plus important pour le moment aux pays de la région Sahel c’est de faire face à la circulation des armes volées de la Libye dans la région », a indiqué le ministre malien. Les groupes terroristes, l’OTAN, les pays occidentaux qui sont intervenus militairement en Libye et le Conseil national de transition (CNT) sont à l’origine de la prolifération des armes au Sahel », a-t-il indiqué dans un entretien accordé à Echorouk.

Echorouk : Ibrahim Ag Bahanga, chef rebelle touareg du Mali, est mort récemment dans le nord-est du pays. Pouvez-vous nous parler des circonstances de sa mort?

M. Soumeylou Boubèye Maïga : selon les informations en notre disposition, Ibrahim Ag Bahanga est mort dans un accident de circulation qui a eu lieu près de Kidal au nord du Mali. Sa mort a beaucoup affecté sa famille, ses proches, ses amis et ses partisans.

Echorouk : avez-vous ouvert une enquête pour connaitre les causes exactes de sa mort ?

 M. Soumeylou Boubèye Maïga : non, nous n’avons pas ouvert une enquête. La situation ne nécessite pas une telle action.

Echorouk : certains observateurs craignent que la situation sécuritaire dans la region du Sahel s’empire après la mort d’Ibrahim Ag Bahanga. Comment voyez-vous l’avenir de la région après la disparation du chef rebelle touareg ?

M. Soumeylou Boubèye Maïga : Ibrahim Ag Bahanga était le chef des rebelles touaregs du Mali, il n’a jamais totalement accepté de déposer les armes. Il était entouré d’éléments qui partageaient les mêmes idées que lui. Après sa mort, ses partisans sont  devenus comme des « orphelins ». Je pense qu’ils vont se réorganiser et se restructurer.  Il faudrait que les rebelles touaregs  poursuivent le chemin et les efforts que nous avons déjà entamé avec  Ibrahim Ag Bahanga pour rétablir la paix et la sécurité dans la région conformement à l’accord d’Alger signé en mois de juillet 2006. J’espère que les rebelles touaregs renoncent à la guerre et à la lutte armée. Nous devons trouver un moyen pour relancer l’accord d’Alger.

 Echorouk : certains observateurs estiment que Mouammar Kadhafi pourrait s’enfuir de la Libye vers le Sahara du Sahel. Si un tel scenario se réalise, quelles pourraient être ses conséquences sur le tourisme dans cette région ?

M. Soumeylou Boubèye Maïga : je ne pense pas que le Colonel Mouammar  Kadhafi s’enfuirait vers le Sahara. En plus de cela, c’est très prématuré de parler de ce sujet. Le plus important à l’heure actuelle c’est de réduire la prolifération des armes volées en Libye et qui sont acheminées vers la région Sahel. Il est très important de les reprendre avant qu’elles ne tombent entre les mains des groupes terroristes. il faudrait en outre faire face à ces groupes (terroristes).

Echorouk : à qui incombe la responsabilité de la prolifération de différents types d’armes au Sahel ?

M. Soumeylou Boubèye Maïga : Les groupes terroristes, l’OTAN, les pays occidentaux qui sont intervenus militairement en Libye et le Conseil national de transition (CNT) sont à l’origine de cette alarmante  prolifération d’armes dans la région. 

Echorouk : que ferait le gouvernement malien au cas où Mouammar Kadhafi lui demanderait officiellement un asile politique ?

M. Soumeylou Boubèye Maïga : au cas où il ferait une demande dans ce sens nous allons étudier sa demande comme toute autre personne. 

 Echorouk : Quand est ce que le gouvernement malien reconnaitra le Conseil national de transition (CNT) comme unique représentant légitime du peuple libyen ?

M. Soumeylou Boubèye Maïga : nous allons reconnaitre le CNT comme seul représentant légitime de la libye après la formation d’un gouvernement représentant toutes les régions de ce pays. Ceci veut dire que le Mali n’est ni contre le CNT ni avec lui. Le Mali est tenu de respecter les décisions de l’Union Africaine (UF) vu que son président est membre de la commission de médiation sur la crise libyenne. 

 

 

 


 

 

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