Syrie : 40 tués dont 20 policiers
Les affrontements s'intensifient dans le nord-ouest du pays où 20 policiers auraient été tués ce lundi, alors que les forces de sécurité ont tué au moins 40 personnes dimanche.
20 policiers ont été tués lundi « dans une embuscade » à Jisr al-Choughour, dans le nord-ouest de la Syrie, où l’armée procède depuis samedi à des opérations sécuritaires, selon la télévision officielle syrienne. Cette embuscade serait intervenue après des opérations militaires qui ont fait 35 morts ce weekend -27 civils et 8 agents des forces de l’ordre- à Jisr al-Choughour, et dans les villages, selon le chef de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, Rami Abdel-Rahmane. « Samedi, les forces de sécurité ont tiré pour disperser plus de 1.000 manifestants sortis pour protester après les funérailles d’un civil tué vendredi » indiquait un militant sur place, sous couvert de l’anonymat. Mais pour l’agence officielle Sana ce sont des « groupes armés » qui avaient attaqué des commissariats de police et des centres de l’armée populaire dans cette localité. Le président syrien Bachar al-Assad avait décrété mardi une amnistie générale concernant « tous les détenus politiques ainsi que les membres de la confrérie des Frères musulmans ». « Depuis l’amnistie, plus de 450 prisonniers politiques et de conscience ont été libérés, pour la plupart des islamistes et des Kurdes », a indique Rami Abdel-Rahmane responsable de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme. Le régime a également annoncé dimanche la création d’une commission qui sera chargée d’élaborer un projet de loi sur les partis politiques. Le parti Baas est au pouvoir en Syrie depuis 1963. Selon la Constitution il est « le dirigeant de l’État et de la société ». Le multipartisme est une revendication essentielle des opposants. Les autorités ont déjà décidé une série de mesures pour apaiser le mouvement de contestation sans précédent contre le régime du président syrien Bachar al-Assad mais dans le même temps, notamment l’ouverture d’un « dialogue national » avec l’opposition la répression violente des manifestations n’a pas cessé.