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Syrie : au moins 10 morts parmi les manifestants

الشروق أونلاين
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Au moins dix manifestants ont été tués et des dizaines d'autres blessés vendredi à Deraa, épicentre en Syrie de la contestation contre le régime de Bachar al Assad qui s'est poursuivie dans d'autres villes du pays.

 

Des images diffusées par la télévision syrienne montrent des hommes cagoulés ouvrant le feu sur des manifestants ainsi que sur des policiers déployés dans cette ville du Sud syrien. L’agence officielle de presse Sana fait également état de coups de feu à Deraa, qu’elle attribue à des « vandales ». Mais des témoins ont affirmé, eux, que les forces de sécurité avaient tiré à balles réelles sur le cortège. « J’ai vu des flaques de sang et trois corps sur la rue ont été emportés par des proches dans le secteur de Mahatta », a dit l’un d’eux. « Il y avait des snipers sur les terrasses. Les blessés sont ramenés chez eux parce que personne n’ose plus amener un proche à l’hôpital dans de telles circonstances », a-t-il ajouté, de nombreux manifestants redoutant d’être arrêtés s’ils sont admis dans un hôpital. De sources médicales, on avançait un peu plus tard dans l’après-midi un bilan de dix morts.

Sana parle d’un policier et d’un ambulancier tués et indique que des dizaines de manifestants et de policiers ont été blessés. Des manifestations ont également éclaté dans la ville de Homs, dans le centre du pays, au nord de Damas. Des activistes ont par ailleurs fait état de coups de feu tirés à Harasta, un faubourg de Damas. A Douma, autre banlieue de la capitale théâtre d’importantes manifestations ces derniers jours, le réseau téléphonique était hors d’usage vendredi. A Damas, des musulmans sunnites auraient été matraqués par des policiers à la sortie de la mosquée Rifaï, dans le quartier de Kfar Souseh. Dans l’Est, des milliers de manifestants kurdes ont de nouveau réclamé des réformes en dépit de la promesse faite par Assad d’assouplir les règles en vigueur qui privent nombre de Kurdes de prétendre à la citoyenneté syrienne. « Ce geste sur la citoyenneté n’a fait qu’alimenter la mobilisation. La cause kurde porte sur la démocratie, la liberté et l’identité culturelle », a dit Hassan Kamel, membre influent du Parti démocratique kurde.

Onze ans après son accession au pouvoir, Bachar al Assad est confronté depuis la mi-mars à un mouvement de contestation sans précédent dans l’histoire moderne de la Syrie, où l’état d’urgence est en vigueur depuis le coup d’Etat du parti Baasiste en 1963. Le président syrien a répondu par un mélange de répression brutale des contestataires et de timides gestes d’ouverture, les derniers en date portant sur les droits de la communauté kurde, qui compterait, selon une extrapolation du recensement de 1962, 150.000 personnes considérées comme des étrangers. Mais en ne levant pas l’état d’urgence et en ne concrétisant pas les ouvertures politiques et libérales que son régime avait laissé miroiter, Assad n’a pas apaisé la rue. Le changement de Premier ministre intervenu la semaine dernière n’était pas non plus de nature à satisfaire les opposants dans un pays où le gouvernement n’exerce qu’une influence mineure. Les manifestations de vendredi, organisées par des collectifs actifs sur internet sous le nom générique de « Vendredi de la persévérance », semblent avoir réuni les foules les plus nombreuses depuis le début du mouvement de contestation.

 

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