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Syrie : le régime accusé d'atrocités

الشروق أونلاين
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Les forces syriennes ont tué vendredi au moins sept civils en tirant sur les manifestants qui sont descendus par dizaines de milliers dans la rue à travers le pays malgré la répression du régime, accusé d' atrocités.

 

Près de trois mois après le début de la révolte le 15 mars et en dépit des sanctions et des protestations de la communauté internationale, le régime de Bachar al-Assad paraît déterminé à mater dans le sang toute contestation. Deux civils ont été atteints mortellement par des balles tirées depuis un véhicule militaire à Bosra al-Harir, dans la province de Deraa où est née la contestation dans le sud du pays, selon le chef de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane. La télévision d’État a accusé des « hommes armés » d’avoir ouvert le feu sur des policiers, le pouvoir à Damas accusant depuis le début de la contestation des « gangs armés » d’être à l’origine des troubles. Trois civils ont péri dans le quartier de Qaboun à Damas après des manifestations nocturnes durant lesquelles un portrait d’al-Assad a été brûlé, selon une vidéo diffusée par des militants des droits de l’Homme. Un civil est mort à Lattaquié (ouest) et un septième dans la région d’Idleb (nord). Des coups de feu ont également été rapportés par l’OSDH dans la troisième ville du pays, Homs (nord), où des milliers de manifestants anti-régime défiaient la répression des autorités. Des régions kurdes du nord, aux villes du centre-est Deir Ezzor et Abou Kamal, en passant par la capitale, les militants pro-démocratie ayant appelé à ces manifestations via le réseau Facebook, ont exhorté les tribus à se soulever et appelé à la défense de Jisr al-Choughour, ville meurtrie du nord-ouest.

Fuyant la répression, la majorité des 50.000 habitants de cette localité l’ont désertée, des milliers gagnant ces derniers jours la Turquie voisine. Mitraillages par hélicoptères, tirs sur les cortèges funéraires ou sur les ambulanciers, les réfugiés -souvent blessés- ont livré des témoignages édifiants sur les méthodes employées selon eux par les forces du régime. Le régime a annoncé avoir ordonné le lancement d’une opération militaire dans le secteur de Jisr Al-Choughour, « à l’appel des habitants ». « Des unités de l’armée ont commencé leur mission pour contrôler les villages voisins de Jisr al-Choughour et arrêter les groupes armés », a annoncé la télévision d’État, accusant ces « groupes » d’avoir mis le feu à des récoltes. Mais un témoin a déclaré à l’AFP que les forces militaires bombardaient des villages autour de Jisr al-Choughour en avançant vers la ville, et accusé les soldats d’avoir mis eux-mêmes le feu à des champs de blé. En raison des restrictions imposées par le régime, les journalistes ne peuvent circuler librement dans le pays et les informations sont difficiles à confirmer de source indépendante.

 

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