Transition démocratique: Benflis, Hamrouche et Ghozali se disputent les premiers rôles !
La dernière élection présidentielle a donné lieu à une nouvelle donne sur la scène politique, la perte de points des calculs idéologiques au profit de la réalité politique.
Il semble que les mauvaises expériences qu’a vécues l’opposition pendant un quart de siècle marqué par des pratiques « non-démocratiques » du pouvoir, lui étaient bénéfiques car elle tente aujourd’hui d’adopter une nouvelle orientation basée sur la coalition des partis qui ne convergeaient pas jadis. Une orientation qui s’est traduite par la naissance de la « coordination pour les libertés et la transition démocratique » et le « pôle du changement ».
En effet, cette coordination, qui regroupe des formations aux convictions et orientations idéologiques différentes, ont tous mis de côté ce qui les diffère pour s’asseoir autour d’une table, à l’image de la réunion entre MSP, Mouvement Ennahdha et le Front de la justice et du développement (FJD) d’obédience islamique et RCD, Jil Jadid, d’orientation laïque autour de deux fortes personnalités politique, en l’occurrence l’initiateur des réformes politiques à savoir Mouloud Hamrouche et Sid Ahmed Ghozali.
Idem pour la «coordination des forces du changement» qui elle constituée de formations d’obédience islamique, telles que le Mouvement El Islah, Front de l’Algérie nouvelle (FAN) qui n’ont pas trouvé d’empêchement pour se joindre à d’autres partis d’une orientation qui n’est pas les leur, comme Fajr Jadid et l’Union des forces démocratiques tous réunis autour de Ali Benflis.
Pour tenter de se justifier des résultats des élections législatives du 10 mai 2012 ayant réconforté une fois de plus les partis au pouvoir le FLN et le RND, l’opposition estime que la participation au scrutin de nombreux partis politiques a fait que les voix des électeurs se sont éparpillées.
Quoiqu’il en soit, la coalition née au lendemain de la présidentielle entre différentes formations politiques est donnée comme exploit eu égard des « guerres politiques » auxquelles elles étaient livrées il y a peu.
Si certains observateurs voient en cette alliance entre différents politiques comme une démarche soutenant la primauté des données réelles sur les idéologies, Ali Rebidj, enseignant à l’Ecole supérieure des sciences politiques de l’Université d’Alger ne trouve ces deux nouveaux pôles qu’une réaction des résultats des dernières élections présidentielles.
«Le rapprochement entre des partis politiques n’est pas nouveau, l’Alliance présidentielle mise en place par le pouvoir en 2003, composée du FLN, RND et le MSP est un meilleur exemple », juge-t-il.
Par ailleurs, l’universitaire estime que la « coordination pour la transition démocratique » et le « pôle des forces du changement » sont nés des intérêts communs. « Le fait d’avoir d’intérêts politiques communs a fait que la scène politique soit dessinée de la sorte avant et après la présidentielle», explique-t-il estimant que leur continuité dépende de la tenue de ces partis à leur projet.
En effet, Ali Rebidj n’a pas caché son pessimisme quant à l’avenir de ces nouveau-nés. «Je ne suis pas optimiste quant à la continuité de ces deux coalitions politiques, d’autant qu’elles ont un tas de points qui les divisent plus qu’ils ne les réunissent. Les jours à venir nous l’apprendront», ajoute-t-il.