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Tunisie : retrait des avocats au procès Ben Ali

الشروق أونلاين
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Le deuxième procès intenté à l'ancien président tunisien Zine el Abidine ben Ali a débuté ce lundi à Tunis par un coup d'éclat des avocats de la défense qui ont décidé de se retirer après le rejet de leur demande de report.

 

En quittant la salle, Mes Hosni Béji et Béchir Mahfoudhi ont été conspués par le public présent aux cris de « Dégage! ». « Bon débarras! Vous auriez mieux fait de défendre les victimes de Ben Ali au lieu de vous faire les avocats d’un tortionnaire », a lancé dans l’assistance Ali Laayouni, exaspéré. Pour ce jeune diplômé au chômage, qui a fait le déplacement de Regueb, une des villes du centre-ouest à la tête du soulèvement qui a eu raison du régime Ben Ali à la mi-janvier, ce procès est « une pièce de théâtre ». « C’est nous qui avons payé le prix fort de la révolution et consenti de nombreux martyrs, et voilà que d’autres montent au devant de la scène pour récupérer notre révolution », s’est-il insurgé. L’ex-président devait être jugé par contumace pour « détention de stupéfiants à l’usage de consommation, de l’acquisition, de l’importation et du trafic, l’aménagement et l’exploitation d’un local pour le stockage et l’usage de stupéfiants, la détention d’armes et de munitions et la non-déclaration de possession de pièces archéologiques ». Selon un des avocats de la défense commis d’office, Me Hosni Béji, il encourt une peine pouvant aller jusqu’à la prison à perpétuité au cas où il serait reconnu coupable du premier chef d’accusation, et de six mois à deux ans pour les griefs ayant trait à la possession d’armes et des objets archéologiques. Lors du premier procès qui a eu lieu le 20 juin, Ben Ali et son épouse Leïla Trabelsi avaient été condamnés à 35 ans de prison ferme chacun et à environ 45 millions d’euros d’amendes pour détournement de fonds et malversations. L’avocat libanais de l’ex-président tunisien a une nouvelle fois récusé lundi les accusations portées contre son client. « La procédure d’aujourd’hui, comme le jugement d’hier et les 93 procédures, est juridiquement inexistante car elle viole pratiquement tous les critères du procès équitable établis par les Nations unies », estime Me Akram Azoury dans un communiqué. Pour lui, « c’est tout simplement une continuation de la campagne de dénigrement politique tendant à diaboliser le président Zine el Abidine ben Ali et à le présenter à l’opinion publique comme étant un trafiquant de devises, de drogue et d’armes ». L’avocat souligne que « la défense est évidemment absente de cette procédure » et précise qu’il a « adressé à l’ordre des avocats de Tunis le 1er juillet 2011 l’objection du président Zine el Abidine ben Ali à sa représentation par des avocats qu’il n’a pas lui-même désignés ». L’ancien homme fort de Tunis se trouve depuis le 14 janvier en Arabie Saoudite où il a fui à la suite d’un soulèvement populaire, après un règne sans partage de 23 ans. 

 

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