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Turquie: pas de crise après le départ des généraux

Turquie: pas de crise après le départ des généraux

Le président Abdullah Gül a assuré, samedi, que la Turquie ne traversait pas de crise malgré la démission de ses quatre plus hauts responsables militaires, mais il a reconnu qu'il s'agissait d'une situation «extraordinaire».

Le départ du général Isik Kosaner, chef de l’état-major interarmes, et des commandants des trois armes a plongé les milieux militaires dans l’incertitude en donnant au Premier ministre Recep Tayyip Erdogan une occasion d’affirmer son autorité sur la deuxième armée de l’Otan, au rôle naguère prépondérant et jadis intouchable politiquement. Les quatre généraux ont démissionné vendredi soir pour protester contre la mise en détention de 250 officiers accusés de complot contre le gouvernement Erdogan. Dans un message d’adieu à ses « compagnons d’armes », le général Kosaner, promu à son poste en août 2010, a jugé impossible de poursuivre sa mission parce qu’il n’était pas en mesure de protéger les droits de militaires arrêtés en conséquence de procédures judiciaires irrégulières. L’armée entretient des relations tendues avec le Parti de la justice et du développement (AKP) de Recep Tayyip Erdogan, issu de la mouvance islamiste, depuis son arrivée au pouvoir en 2002. Si les démissions de vendredi sont un facteur d’embarras, elles pourraient marquer une victoire décisive du Premier ministre sur les militaires, gardiens de l’État laïc hérité de Mustafa Kémal Atatürk, fondateur de la Turquie moderne. Les politologues n’y voient aucun risque pour la suprématie politique de Recep Tayyip Erdogan, dont l’AKP a confortablement remporté les élections législatives de juin, obtenant 50% des suffrages et décrochant un troisième mandat consécutif. « Personne ne doit considérer cela comme une crise de quelque nature que ce soit, ni comme un problème persistant en Turquie », a dit samedi aux journalistes Abdullah Gül, ancien responsable de l’AKP. « Les événements d’hier créent à coup sûr une situation extraordinaire en soi, mais tout est en bonne voie ». Le Premier ministre a posé un premier jalon dès vendredi, ses services annonçant la promotion du général Necdet Ozel, commandant de la gendarmerie, au poste de chef d’état-major de l’armée de terre et major général des forces armées. Il est désormais le numéro deux de l’état-major général, et donc bien placé pour succéder à Isik Kosaner. Dans un passé peu éloigné, les généraux turcs se signalaient par leurs coups d’État plus que par leur propension à se retirer. Ils ont opéré trois putschs depuis 1960 et ont évincé du pouvoir un gouvernement à dominante islamiste en 1997. Certains fondateurs de l’AKP, dont Recep Tayyip Erdogan, ont appartenu au Parti de la prospérité, formation islamiste dont la coalition gouvernementale a été écartée il y a quatorze ans. Mais depuis son accession au pouvoir en 2003, Recep Tayyip Erdogan a mis fin à la domination des militaires dans le pays par une série de réformes adoptées dans le cadre de la candidature d’adhésion d’Ankara à l’Union européenne. 

 

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