Un député israélien a proposé l'asile à Moubarak
Le procès de Hosni Moubarak et de ses deux fils Alaa et Gamal pour « le meurtre de manifestants » pendant la révolte populaire de janvier-février a commencé hier mercredi 3 août. L'arrivée de Hosni Moubarak a été suivi dans le monde entier, et plus particulièrement à Gaza.
En assistant par écrans de télévision interposés à l’arrivée de l’ancien président égyptien Hosni Moubarak à l’Académie de police, allongé sur un lit d’hôpital et visiblement faible, les habitants de Gaza ont exprimé publiquement leur ressentiment pour cet homme qu’ils ne portent pas dans leur cœur.
La déchéance de l’ancien chef d’Etat égyptien, alité et le visage défait, est une image qui a marqué les esprits.
Voir la chute d’un homme aussi puissant représente pour les Gazaouis une victoire, celle de millions de manifestants qui étaient descendus dans la rue en janvier dernier dans le pays voisins.
« C’est aujourd’hui le plus beau jour de l’Égypte, c’est le résultat de la révolution du 25 janvier. Ce président a été injuste avec son peuple depuis trente ans », explique Ramadan Nirab, un habitant de Gaza.
La tranquille assurance de ces Gazaouis observant le procès contraste vivement avec une certaine ébullition au Caire.
Néanmoins, les résidents de la Bande de Gaza ne perdent pas de vue le conflit qui les oppose à Israël et ce même homme propose, d’ailleurs, à tous les manifestants arabes de venir protester en faveur de la libération de Jérusalem.
A Jérusalem, justement, l’ancien ministre de l’Industrie, Binyamin Ben Eliezer, n’a pas caché sa tristesse de voir son grand ami en bien mauvaise posture.
« Pour moi c’est un jour difficile et triste de voir ce chef d’Etat qui, il y a seulement quelques mois, était considéré comme le leader du monde arabe. C’est un homme qui aura laissé une empreinte et maintenu la sécurité au Moyen-Orient », explique-t-il.
Hosni Moubarak compte donc parmi ses seuls amis le député israélien Benyamin Ben-Eliezer. Celui-ci a affirmé qu’il avait proposé l’asile à Hosni Moubarak à l’époque où il était encore président de l’Égypte, et que ce dernier avait refusé « parce qu’il était un patriote ».
Il a déclaré à la radio de l’armée israélienne avoir fait cette proposition lors d’une visite à Hosni Moubarak, qui était alors confronté à une vague croissante de contestation.
Le porte-parole du gouvernement israélien n’a, de son côté, pas confirmé si cette offre avait reçu le feu vert du gouvernement.