Un désaccord entre Khelil et Meziane a fait éclater le scandale Sonatrach-Saipem
Le directeur exécutif du groupe «Eni», Paulo Scaroni affirme dans une conversation téléphonique publiée à son insu sur le site du journal italien, la República italiana, à l’un de ses collaborateurs avoir versé des pots-de-vin à des politiques et responsables algériens, éclatant de rire en évoquant le sujet de corruption avec l’un de ses collaborateurs.
«Vous savez, Saipem s’est retrouvée en pleine guerre de règlement de comptes et un conflit d’intérêts entre politiques algériens, et malgré cela la corruption a eu lieu», a-t-il souligné à son collaborateur.
« L’affaire est révélée au public suite à un conflit entre l’ancien ministre de l’Energie et des Mines, Chakib Khelil et l’ancien P-dg de Sonatrach, Mohamed Meziane», lui a-t-il encore dit.
La discussion publiée par la República italiana, d’obédience de gauche, dure 1 minute et 24 secondes au cours de laquelle son collaborateur, Gianni déclara à Scaroni: «Le journal a rédigé hier un courrier électronique et il est en train de réaliser une enquête sur l’activité de Saipem en Algérie».
« Il est vrai, ils ont consacré une page entière à l’affaire Saipem en Algérie », lui rétorqua Scaroni.
« L’enquête évoque l’éventuelle exposition de Saipem à une manœuvre, peut-être elle est déjà victime d’une conspiration en Algérie du fait d’avoir versé des pots-de-vin à des responsables du gouvernement algérien, dont la justice algérienne s’en est autosaisie », a ajouté le collaborateur de Scaroni.
« Effectivement ! En tout cas, il y avait un règlement de comptes, une vengeance et un conflit d’intérêts… malgré cela, la corruption a eu lieu » (…) lui a dit Scaroni dans un éclat de rire.
« Lorsque le conflit a éclaté entre Khelil et Meziane, l’affaire était révélée au public. Je parle là-dessus du ministre et du patron de Sonatrach», a-t-il confié à son interlocuteur, ajoutant que «je pense qu’il s’agit d’un conflit d’intérêts entre eux».
Et Scaroni d’enchaîner: «Le règlement de comptes était fondé sur un nombre d’affaires de corruption, mais Saipem n’était qu’une affaire et n’était pas la seule.»
Il y a lieu de noter que ces fuites de la conversation téléphonique interviennent, quelques jours seulement, après la publication des propos de l’ex-P-dg de Sonatrach, Mohamed Meziane dans lesquels il confirme n’être que des victimes de conflit d’intérêts en haut lieu.