Un groupe d'adolescents français victimes d'une explosion au Caire
Une jeune française de 17 ans a péri dimanche soir dans un attentat terroriste près du grand souk du Caire, juste la veille du retour en France de son groupe de 54 adolescents de Levallois, près de Paris.
- Grièvement blessée dans l’explosion d’une grenade artisanale, le jeune fille est décédée à l’hopital. Dix-sept de ses camarades ont été aussi blessés, dont l’un plus gravement touché”, a appris l’AFP de différentes sources.
C’est au terme de leur séjour de huit jours en Egypte, alors qu’ils allaient faire d’ultimes achats et cadeaux dans les échoppes du Khan al-Khalili, au coeur du Caire historique, qu’ils ont été les victimes du terrorisme aveugle.
Il était 18H50 (16h50 gmt), la nuit était tombée sur l’esplanade de la mosquée al-Hussein, un des plus grands sanctuaires islamiques du Caire historique, quand le drame s’est produit.
Les deux groupes de jeunes de 13 à 17 ans, l’un de trente adolescents, originaires de Levallois, et l’autre de vingt quatre, en majorité de cette proche banlieue de Paris, étaient réunis autour de sept accompagnateurs.
“Nous étions tous regroupés avant d’organiser le quartier libre. Il y eu une très forte détonation. Puis les cris, du sang. On s’est tous mis à courir”, raconte Romy Janiw, une jeune accompagnatrice de 28 ans.
C’est à pied que certains ont gagné l’hopital al-Hussein, distant de quelques centaines de mètres. D’autres se sont engouffrés dans des taxis pour se rendre dans un autre centre de soins, dans le quartier de Choubrah.
“On était très soudés, on épaulait les blessés. Un couple d’animateurs, Leila, une Tunisienne et Chérif, son mari égyptien, nous ont énormément aidé dans cette tourmente”, dit encore Romy, fonctionnaire au syndicat
intercommunal.
Très discrète sur la jeune fille qui a trouvé la mort par respect pour la famille, elle souligne que si le groupe est très choqué, personne n’a dimanche soir craqué. “Il y a eu des pleurs, mais le contre-coup risque d’être au
retour”.
Tous les blessés, excepté l’un d’entre eux âgé de 17 ans, devraient pouvoir regagner Paris lundi avec le reste du groupe. L’Ambassade et le consulat de France se sont immédiatement mobilisés pour leur porter assistance. Revenus la veille au Caire, les jeunes s’étaient rendus tôt le matin aux Pyramides, puis avaient effectué une balade en dromadaire sur le plateau de Gizeh avant de visiter le grand musée archéologique, sur la rive est du Nil.
Arrivés le 16 février en Egypte, où ils rêvaient d’aller, ces jeunes avaient d’abord profité de leurs vacances pour faire une virée en 4X4 dans le Sinaï et s’initier à la plongée sous-marine à Dahab, en bordure de la mer
rouge.
C’est dans cette cité balnéaire que 20 touristes avaient trouvé la mort en 2005 dans un attentat perpétré par un groupe islamistes qui avaient également lancé de sanglantes attaques terroristes à Charm el-Cheikh et Taba.
“Nous sommes bouleversés, les familles sont terriblement choquées” a déclaré à l’AFP Jean-Yves Cavallini, le maire adjoint de Levallois-Perret, dont la municipalité a organisé le séjour avec une association spécialisée.
Des équipes d’aide psychologique ont été mises en place au sein d’une cellule de crise, a-t-il précisé. “Il a fallu que nous prévenions la famille de la jeune fille décédée, c’était vraiment très dur”.
Le président français Nicolas Sarkozy a fait part de sa “profonde émotion” à la suite de l’attentat, tandis que Le Premier ministre François Fillon a déclaré que le gouvernement français “condamne avec la plus grande fermeté ce geste criminel dont la violence aveugle signe l’absurdité”.