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Un livre et un film sur l’assaut du GIGN contre le commando du GIA

الشروق أونلاين
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Un livre et un film sur l’assaut du GIGN contre le commando du GIA

On n’en saura jamais assez sur la prise d’otages de l’Airbus français de 1994. Le quatuor du GIA dirigé par Yahia Abdellah, qui avait remplacé au pied levé Yahia Kronfel, pour se lancer à un piratage resté unique dans les annales de l’aviation civile, car il préfigurait déjà les événements du 11 septembre 2001, reste une énigme.

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  • Tout comme les échecs successifs d’une négociation mal gérée par Paris, et qui s’est terminé avec ce qui semble une victoire française sur le plan sécuritaire, mais qui est restée comme une cuisante défaite au plan politique, car elle avait jeté un épais voile de doute et suspicion entre Alger et Paris. Pour dire vrai, c’est à partir de là que les relations tumultueuses entre les deux pays ont commencé, avec les « dégâts collatéraux » actuels que l’on sait.
  • Roland Môntins est un membre des 32 hommes du GIGN –groupe d’élite de la gendarmerie spécialisé dans les actions périlleuses- qui avait prit la décision de délivrer les otages de l’Airbus en s’attaquant aux terroristes qui retenaient quelque 180 otages dans l’avion d’Air France à Marignane, en 1994.
  • Le livre « L’Assaut », qui sort ces jours-ci, retrace la prise d’otages de l’Airbus de Marignane, raconté pour la première fois par un membre du GIGN. Témoignage stupéfiant sur des images qui ont fait le tour du monde. De cet événement, il a tiré un livre coécrit avec le journaliste et romancier Jean-Michel Caradec’h, « L’Assaut ».
  • Un livre qui doit beaucoup… à la télévision. En poste en Nouvelle-Calédonie après avoir fait son temps au GIGN, le gendarme Môntins découvre « toute sorte d’émissions à la télé sur la prise d’otages ». « Il y avait des militaires, des policiers, des journalistes prétendument spécialisés qui s’exprimaient. Aucun n’avait été dans l’avion mais ça ne les empêchait pas de raconter des bêtises du style : « Un gendarme du GIGN s’est fait arracher la main par sa propre grenade ».  Ça m’avait pas mal énervé. J’ai commencé à me refaire le film, à écrire pour ne pas oublier. »
  • Selon les médias français, en 2005, il publie avec un autre gendarme une première version de « L’Assaut », mais l’éditeur coule au bout de quelques mois. Roland Môntins vend tout de même 4.500 exemplaires : « Ce sont des collègues gendarmes qui l’ont acheté. » Le cinéma s’en empare, un film vient d’être tourné avec Vincent Elbaz. Surtout, Bernard Fixot est séduit et lui propose de récrire « L’Assaut ». « Il m’a dit qu’il voulait un beau et grand livre. » L’éditeur lui présente Jean-Michel Caradec’h qui sera en charge de l’enquête et de l’écriture. « Je suis bon pour dégainer, pas pour écrire », confie Roland.
  • Le résultat est stupéfiant. Car il émane de quelqu’un qui fait autorité. Le gendarme du GIGN est un des deux chefs de groupe à avoir conçu le plan d’attaque de l’Airbus. Le récit, minute par minute, de l’opération est haletant. Surtout, « L’Assaut » ne se contente pas, comme il est de coutume dans de tels documents, du témoignage, aussi avisé soit-il, du chef de groupe du GIGN. Le lecteur suit une multitude de personnages, les otages, les terroristes, mais aussi les politiques français et algériens, les hommes de l’ombre, etc.
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  • L’intrigue se resserre jusqu’à son dénouement connu. Et cette foule qui acclame les héros à leur retour à Orly, à minuit passé.
  • Il y aussi un coté révélateur du contexte politique de l’époque, et que le livre relate bien, c’est qu’on apprend des choses sur le rôle des politiques et comment ils raisonnaient lors de cette prise d’otages. Il y avait d’un côté ceux qui, comme Pasqua (ministre de l’Intérieur, en 1994), préféraient laisser le problème en Algérie pour éviter d’en assumer les conséquences, et ceux qui, comme Juppé (ministre des Affaires étrangères, à l’époque des faits), voulaient rapatrier l’avion dans l’intérêt des otages, pour pouvoir faire intervenir le GIGN. Et toute cette scène se dessinait dans la perspective des élections qui intervenaient quelques mois plus tard et motivait les choix des uns et des autres.
  • On lira le livre pour connaître des choses en aval, car en amont, le mystère persistera longtemps encore. Le GIGN n’ayant jamais fait d’enquête poussé en Algérie, n’en saura sur le GIA, les terroristes et Yahia Abdellah que ce que la presse française avait rapporté. Donc, à ce niveau-là, c’est plutôt un travail de mouture, de consigne, de rapports et d’enregistrement, ôtant au livre d’être plus incisif et tranchant.
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