Un lobby “Franco-Malien” pour soutenir les groupes terroristes du Sahel
La branche maghrébine d'Al-Qaïda a libéré mardi soir l'otage français qu'elle détenait depuis près de trois mois dans le nord du Mali, peu après avoir obtenu de Bamako la remise en liberté de quatre islamistes. “Pierre (Camatte) a été libéré. Il se porte bien, c'est le plus important”, a déclaré par téléphone à l'AFP l'un des principaux négociateurs maliens, sous couvert de l'anonymat, mardi en début de soirée.
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Les autorités françaises ont confirmé un peu plus tard la libération de M. Camatte, 61 ans. Cette affaire qui prend de plus en plus de l’ampleur, a provoqué une crise diplomatique aigue avec les deux pays voisin du Mali, l’Algérie et la Mauritanie en l’occurrence. Ces derniers n’ont pas apprécié la « concession » du Mali qui a libéré quatre terroristes sanguinaires activement recherchés par les deux pays, en témoigne la réaction rapide des deux pays qui n’ont pas trop attendu pour rappeler leurs ambassadeurs respectifs à Bamako « pour consultation ».
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Dans le même sillage, un haut responsable au ministère des affaires étrangères Algériennes, expert dans le dossier du Sahel, a révélé à Echorouk que l’Algérie a ouvert en urgence une enquête pour déterminer les circonstances de la libération de l’otage Français Pierre Camatte, et précisément si le groupe terroriste qui l’a kidnappé a reçu une rançon en contrepartie de la libération de l’otage, en plus de la libération de quatre terroristes par le Mali. Cela est en effet considéré par Alger comme une forme de soutien au terroristes dans la région du Sahel.
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Notre interlocuteur, qui a requit l’anonymat, a affirmé, en étant proche du sérail et spécialiste du dossier, nous affirmé que « la démarche du Mali est très dangereuse et elle aura des répercutions négatives sur les relations entre le Mali et l’Algérie ». et de poursuivre : « le Mali n’a fait que récidiver. En effet Bamako a versé à maintes reprises des rançons aux groupes terroristes, mais cette affaire de Camatte a franchit toutes les lignes rouges. Libérer des recherchés par la justice Algérienne est plus que provoquant et inacceptable ».
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Les autorités Maliennes ont effet libérer quatre terroristes dont deux de nationalité Algérienne poursuivis par les juridictions Algérienne pour terrorisme et appartenance au GSPC. Mais les autorités maliennes, pour justifier cette gaffe politique, stratégique et diplomatique » ont prétendu que les quatre prévenus ont consommé leurs durée de détention. Mais la coïncidence de cette libération avec celle de Pierre Camatte qui était kidnappé par la nébuleuse terroriste Al-Qaida du Maghreb Islamique du Mali a jeté des suspicions sur les vrais contours de la libération des quatre sanguinaires, surtout sachant que la Mali est devenu ces derniers temps un lieu de pèlerinage périodique pour le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner.
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La même source a qualifié l’attitude du Mali comme une provocation qui a frappé d’un seul coup de revers la convention bilatérale de coopération juridique signée entre les pays. Dans le cadre de cet accord, un traité a été signé en septembre 2009 pour extrader les deux terroristes Algériens libéré par Bamako avant-hier. Cette demande a été réitéré par l’Algérie mais le Mali n’a pas répondu favorable, ce qui a provoqué une tension entre le Mali et l’Algérie.
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Notre interlocuteur n’a pas écarté la piste Française qui a joué un rôle prépondérant dans cette affaire. Cette supposition est confortée par la “vraie-fausse” information qui dit que Sarkozy se déplacera au Mali pour accompagner l’otage français libéré vers son pays, la France. Ce geste s’il vient d’être confirmé, est fort de sens et en dit beaucoup notamment dans le contexte actuel, ou la relation entre Alger et Paris vit ses moments les plus pénibles.
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Du coup, le haut responsable à la diplomatie Algérienne prédit un avenir peu reluisant dans les relations entre Alger et Bamako : « je pense que l’Algérie cessera toute coopération bilatérale avec la Mali, du moins pour le moment après « le coup fatal » de Bamako ». Toutefois, l’interlocuteur d’Echourouk a confirmé que l’Algérie tiendra ses engagements à ses protocoles et conventions avec ses voisins. Dans ce registre, le cadre du département de Medelci a affirmé que l’Algérie a signé des accorts de partenariat sécuritaire avec le Mali, le Niger et la Mauritanie qui a été paraphés par les Etat Major des armées de ces pays.
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Il ajoute que l’Algérie tiendra son engagement par respect à la Mauritanie qui a soutenu la position et réaction de l’Algérie après la libération des quatre terroristes. « Idem pour le Niger que sa position n’est pas encore claire après le coup d’état contre le président Amadou Tanja ».
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Quant à l’engagement de l’Algérie comme intermédiaire pour régler le conflit entre les Touaregs et le gouvernement Malien, et la réussite de l’Algérie à mettre fin à la guerre et à convaincre les Touaregs à quitter le maquis, notre interlocuteur affirme que l’Algérie appliquera les closes de l’accord dans le registre économique et social, et cela par respect aux Touaregs qui insistent sur la présence de l’Algérie jusqu’au règlement définitif du conflit.