Une rentrée sociale sur fond de crise financière
Plus aucun secteur ne serait épargné par la crise financière qui secoue le pays depuis plusieurs mois. Une crise due à la chute des cours du pétrole, accompagnée par une batterie de mesures d’austérité décidée par le gouvernement, qui tente de réduire un tant soit peu son choc en optant pour la réduction des dépenses publiques.
La prochaine rentrée sociale devrait être mouvementée d’autant plus que de nombreux travailleurs, issus de divers secteurs, à savoir l’habitat, la fonction publique, la santé et l’éducation envisagent de mener des actions de contestation.
La baisse des recettes du pays rend plus difficile encore la tâche du gouvernement, qui réussissait jadis à contenir la grogne sociale, voire à acheter la paix sociale en desserrant l’étau du trésor public. Désormais, ce n’est plus le cas car le gouvernement, étant dans une situation inconfortable, devrait peiner pour pouvoir calmer les esprits, surtout que de nombreux signaux sont actuellement au rouge.
En effet, plusieurs syndicats, dont celui du personnel de l’administration publique prévoit d’entamer un mouvement de grève dès la prochaine rentrée sociale, et c’en réaction à la grande déception après l’entrée en vigueur de l’abrogation de l’article 87 bis qui est en deçà des attentes des travailleurs.
Dans ce sillage, Abdelkader Fatmi du Snapap a dit que le gouvernement assume ses responsabilités et les conséquences de l’abrogation dudit article, qui n’a apporté que quelques « miettes » à la classe ouvrière.
Notre interlocuteur n’écarte pas, à cet effet, une éventuelle paralysie des secteurs les plus sensibles dès la rentrée, notamment l’éducation, la santé et les administrations publiques.
De son côté, Zebchi Khaled, secrétaire général de l’Organisation nationale des jeunes diplômés a mis en garde contre une explosion sociale suite au gel des concours de recrutement, dénonçant ainsi le fait que les mesures d’austérité touchent la catégorie des pré-emplois et non pas les festivals et les galas.
Ce dernier a dit que le bureau national de l’Organisation attend une réponse du premier ministère quant à la demande de la levée du gel des concours de recrutement, et ce avant de trancher la question d’investir la rue en cas de réponse défavorable.
L’habitat reste l’un des dossiers qui risque de faire beaucoup de bruit, notamment après le gel d’un certain nombre de projets, le report des opérations de distribution des logements achevés sur décision des walis et chefs de daïras avec la complicité des maires.
Le secteur de l’éducation ne sera non plus épargné par la vague de contestation, suscitée par l’introduction de l’arabe dialectal à l’école dès la prochaine rentrée scolaire.
Outre l’éducation, les secteurs de la santé, la solidarité nationale et les affaires religieuses risquent eux aussi de connaître une rentrée sociale très agitée.