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Wadhah Khenfar à Echorouk: “Al-Jazeera ne menace pas la stabilité en Algérie”

الشروق أونلاين
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Wadhah Khenfar à Echorouk: “Al-Jazeera ne menace pas la stabilité en Algérie”
Khenfar Wadhah

Même si les demandes affluent, le directeur général du réseau Al-Jazeera a choisi d’accorder son premier entretien après l’agression contre Gaza au correspondant d’Echorouk à Doha.Wadhah Khenfar réitère les convictions de la chaîne d’information arabe, et revient avec une rare franchise sur les raisons de la rupture de contact avec le président Bouteflika alors que ce dernier se présentait aux présidentielles de 1999. Wadhah répond aux critiques du chef du gouvernement au sujet de “l’emblème déchiré”, évoque le choix des invités algériens et fait allusion au désir d’Al Jazeera de renforcer sa présence médiatique en Algérie.

  • Echorouk: Avez-vous reçu la réponse à la demande d’Al Jazeera pour l’ouverture d’un bureau en Algérie ?
  • Khanfar Wadhah: Non, nous n’avons obtenu aucune réponse à ce jour en dépit de nombreuses demandes dont la dernière remonte à quelques semaines. Nous espérons toutefois une réponse positive.
  • Echorouk: vous étiez à la tête d’Al Jazeera lorsque l’accréditation en Algérie lui avait été retirée. Quels en étaient les motifs ?
  • K. Wadhah: J’ignore les raisons exactes car en tant qu’institution médiatique nous avons accompli notre rôle. La plupart de nos tourments sont dus aux positions politiques supposées de la chaîne, mais celles-ci ne correspondent pas toujours à la ligne éditoriale. Les politiques exagèrent parfois ce qui induit des méprises à propos du professionnalisme de la rédaction… Nous n’avons en tout cas jamais eu aucun justificatif.
  • Echorouk: Lors d’un point de presse en 2004, le chef du gouvernement et actuel Premier ministre avait fait allusion à un documentaire diffusé sur votre chaîne et où apparaissait le drapeau algérien déchiré. N’était-ce pas là la raison pour laquelle votre accréditation n’a pas été renouvelée ?
  • K. Wadhah: Ce documentaire a été acheté à la chaîne ARTE qui l’avait diffusé à maintes reprises. Il aurait été plus avisé que le Premier ministre mette cette séquence de trois secondes dans son contexte réel car la suite traduisait une position prise du côté du peuple algérien et faisait positivement connaître la question algérienne. Al Jazeera n’a jamais mis en cause la souveraineté de l’Algérie ni d’aucun pays arabe. Les téléspectateurs le savent très bien.
  • Echorouk: l’ancien ministre de la communication, porte-parole du gouvernement algérien Abderrachid Boukerzaza avait déclaré qu’Al Jazeera n’avait introduit aucune demande d’ouverture d’un bureau en Algérie…
  • K. Wadhah: Nous avons formulé plusieurs demandes auparavant via l’ambassade d’Algérie à Doha. Après la déclaration du ministre de la communication algérien, nous avons alors directement remis une demande officielle à monsieur le ministre.
  • Echorouk: La couverture d’Al Jazeera aux manifestations du peuple algérien lors de l’agression israélienne contre Gaza était timide…
  • K. Wadhah: Nous avons fait le maximum pour suivre les protestations et dénonciations politiques et populaires algériennes mais l’absence d’un bureau de la chaîne en Algérie complique notre mission. Lorsque la caméra d’Al Jazeera est sur place, la couverture est nettement meilleure.
  • Echorouk: En 1999, l’émission d’Ahmed Mansour “Bila Houdoud” (Sans frontières) recevait les sept candidats à la présidentielle en Algérie, mais avait suspendu l’émission avec l’actuel président Bouteflika sous prétexte de la guerre au Kosovo. Certains ont toutefois mis cette interruption sur le compte de la réaction du président aux questions d’Ahmed Mansour qui mettaient en doute des témoignages historiques. Quelle est votre version ?
  • K. Wadhah: Ca ne sera pas la première fois, ni la dernière, que nous interrompons un programme télévisé en direct lorsqu’il s’agit de la couverture en direct d’une information urgente comme le début d’une opération militaire ou d’une guerre. A l’époque, Monsieur Bouteflika était candidat et non président et l’interruption ne visait nullement son honorable personne. Quant au genre de questions posées, le présentateur essaie de se mettre à la place du téléspectateur afin de répondre à ses attentes. C’est pareil pour tous les numéros de “Bila Houdoud”.
  • Echorouk: Certains milieux en Algérie vous reprochent de donner la parole à des personnalités bien ciblées qui résident à l’étranger, ou celles qui ont des problèmes avec le régime et le peuple algériens. Quel est votre commentaire ?
  • K. Wadhah: Ma réponse est que nous n’avons pas de bureau en Algérie et nous ne possédons pas de moyens de diffusion à l’intérieur de l’Algérie, comme c’est le cas dans bon nombre de pays arabes. Le fait que nous n’ayons pas de bureau en Algérie restreint la liste de nos invités et nous espérons que cela changera, ce qui nous permettrait d’avoir des intervenants de l’intérieur du pays. La présence d’une équipe d’Al Jazeera en Algérie résoudrait le problème.
  • Echorouk: Opterez vous pour l’Algérie pour accueillir le bureau du Maghreb Arabe et Nord Africain d’Al Jazeera en cas d’accord avec les autorités ?
  • K. Wadhah: La mise en place d’un bureau maghrébin requiert des moyens logistiques, et un certain degré de liberté d’opinion. Nous espérons une présence en Algérie avec un traitement progressif des questions algériennes et nous verrons par la suite comment évolueront les choses.
  • Echorouk: Quelles sont les garanties d’Al Jazeera pour ne pas ébranler la stabilité sécuritaire et politique de l’Algérie ?
  • K. Wadhah: Nous sommes une institution qui regroupe un personnel issu des 22 pays arabes et il est impensable que nous œuvrions à la déstabilisation de ces pays. Nous encourageons le dialogue et la réconciliation sur notre chaîne et nous n’avons aucun objectif de créer la zizanie, ni en Algérie ni ailleurs.
  • Echorouk: Sur quelle base avez-vous choisi le Maroc pour abriter le bureau pour le Maghreb ?  
  • K. Wadhah: Notre bureau au Maroc est opérationnel depuis longtemps. Notre choix était dicté par des éléments logistiques et officiels, c’est-à-dire en termes d’autorisations. Nous avons était surpris par la décision de suspension du Journal Maghrébin diffusé depuis Rabat. Nous assurons encore la couverture d’évènements dans le Maghreb Arabe mais le Journal est suspendu à ce jour pour des raisons que nous ignorons.
  • Echorouk : Existe-t-il actuellement un pays où les conditions sont favorables à l’ouverture d’un bureau Maghreb ?
  • K. Wadhah: Nous ne sommes qu’au stade de projets, d’idées et de contacts.
  • Echorouk: S’agissant de la question Sahraouie, et le Maroc et le Polisario appréhendent votre traitement du sujet…
  • K. Wadhah: Cette question est importante. Chacun a son propre point de vue, conforme à ses intérêts. En tant qu’organe d’information, nous nous referons aux traités et conventions internationales pour ne pas être partie au conflit. Nous n’adoptons aucune position, mais nous nous contentons de rapporter les faits.
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  • Echorouk: Une crise est apparue entre Al Jazeera et Alger en raison d’un sondage préjudiciable au pays publié sur Al Jazeera-Net. Ce sondage a par la suite était retiré. Etait-ce là une erreur à mettre sur le compte de la chaîne ?
  • K. Wadhah:  Je connais les sondages d’Al Jazeera-Net qui visent surtout à tâter le pouls de l’opinion arabe. Souvent, ses questions suscitent la réserve. L’objectif n’était pas de rassembler un maximum de personnes soutenant le terrorisme. Loin de là. Nous avons aussi conclu que la manière dont était posée la question n’était pas la meilleure. Le nombre important des réactions des internautes a rapidement modifié les résultats du sondage ce qui a généré une problématique d’ordre politique. Al Jazeera ne soutient aucunement les actes sanguinaires ou d’autres questions pouvant générer des conflits dans le monde arabe.
  • Echorouk: Il y a également une désapprobation en Algérie au sujet des vidéos que vous diffusez sur l’activité d’Al Qaida au Maghreb…
  • K. Wadhah: Notre politique est claire dans ce cadre et avait même suscité les réserves des États-Unis à la diffusion de vidéos de Ben Laden. Ces enregistrements ont un contenu informatif que le téléspectateur est en droit de connaitre. Le but de la diffusion n’est pas la propagande, mais l’information. Ces organisations font partie de la réalité sécuritaire du monde arabe. Nous n’avons ni intérêts ni parti pris.
  • Echorouk: Quelle évaluation  faites vous des compétences algériennes qui exercent au sein d’Al Jazeera ?
  • K. Wadhah: Nombre d’algériens à Al Jazeera sont de remarquables journalistes, responsables….Ces éléments ont fait leurs preuves sur le terrain et ont prouvé leur maturité et leur courage en zones de conflit.
  • S’agissant d’Echorouk, j’en suis un lecteur assidu car il reflète le professionnalisme et j’encourage ce type de journal à conserver son objectivité et sa conscience professionnelle grâce auxquelles il conservera sa popularité parmi les lecteurs.

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