Français

Yémen: Al-Qaïda s'empare d'une ville et se rapproche de la capitale Sanaa

الشروق أونلاين
  • 297
  • 0

Un millier de combattants d'Al-Qaïda ont pris sans grande résistance lundi le contrôle de la ville de Radah dans le centre du Yémen, se rapprochant de la capitale Sanaa après avoir conforté leur présence dans le sud et l'est du pays.

Le réseau extrémiste profite de plus en plus de l’affaiblissement du  pouvoir central à Sanaa pour gagner du terrain, le pays étant en pleine crise  après la révolte populaire contre le président Ali Abdallah Saleh qui a dû  transférer en novembre le pouvoir à son vice-président.

Dimanche soir, un millier d’hommes armés ont attaqué Radah dans la province  de Bayda, à 130 km au sud-ouest de Sanaa, selon des sources concordantes.Ils ont attaqué la prison centrale et libéré plus d’une centaine de  détenus, dont des membres d’Al-Qaïda, a précisé un responsable local.

Les combattants d’Al-Qaïda sont désormais à deux heures de route de Sanaa  et peuvent contrôler le noeud routier stratégique qui relie la capitale aux  régions du sud et du sud-ouest du Yémen.”Al-Qaïda a pris le contrôle de Radah” avant l’aube, a déclaré à l’AFP un  responsable de la province de Bayda qui a requis l’anonymat. Les forces  gouvernementales se sont retirées vers leurs bases et les combattants  extrémistes les ont remplacées sur les barrages de contrôle de la ville.

Deux militaires ont été tués en tentant de s’opposer à l’assaut contre la  prison, seule résistance aux combattants intégristes dans la prise de la ville,  selon le responsable local .”Il n’y a presque pas eu de combats”, a dit un chef tribal à l’AFP. La  ville a été prise en quelques heures.

   Ils ont également pris le quartier général de la police et saisi deux  véhicules de la police équipés de mitrailleuses.

   Selon des sources tribales, les hommes qui ont mené l’assaut sont conduits  par Tarek al-Dahab, un beau-frère de l’imam radical américano-yéménite Anwar  Al-Aulaqi, tué le 30 septembre dans une frappe américaine au Yémen.

   Ils ont prêté allégeance à Tarek al-Dahab, le reconnaissant comme “émir”  (commandant) de la région, ont-elles ajouté.

   Des dirigeants tribaux ont accusé les forces gouvernementales de collusion  avec les hommes d’Al-Qaïda et affirmé avoir mis en garde le gouvernement sans  succès contre la menace d’une prise de Radah.

   “Depuis des mois, nous avions mis en garde les autorités contre la menace  d’Al-Qaïda. Nous leur avions dit que les actions du réseau indiquaient leur  intention de prendre la ville”, a déclaré à l’AFP l’un d’eux, cheikh Ammar  al-Teiri.

   En mai dernier, des centaines de combattants se réclamant des “Partisans de  la Charia”, un groupe lié à Al-Qaïda, avaient pris sans coup férir le contrôle  de Zinjibar, capitale de la province sudiste d’Abyane. Ils avaient aussi étendu  leur contrôle à d’autres secteurs de la province et de celle voisine de Chabwa. L’opposition avait alors accusé M. Saleh, au pouvoir chancelant, d’avoir  livré la ville aux extrémistes pour agiter devant l’Occident le spectre  d’Al-Qaïda.

Le chef tribal Tarek al-Fadli, qui a pris le parti des extrémistes, a  appelé les autorités à “une solution politique avec Al-Qaïda dans la péninsule  arabique” (Aqpa), issue de la fusion des branches saoudienne et yéménite du  réseau.”Al-Qaïda est un fait accompli aujourd’hui à Abyane et Chabwa et y applique  la loi islamique. Toute solution militaire est désormais impossible”, a dit  cheikh Fadli, joint par téléphone par l’AFP à Zinjibar.

En août, le Conseil de sécurité de l’ONU avait exprimé ses “graves  inquiétudes” face au risque qu’Al-Qaïda exploite la vacance du pouvoir pour  renforcer son emprise sur le Yémen.Le 23 novembre, M. Saleh a signé un accord de transition politique,  prévoyant son départ du pouvoir après une présidentielle anticipée le 21  février, en échange d’une immunité.

 

 

 

 

 

 

 

 

مقالات ذات صلة