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Yémen : Saleh fait échouer le plan du CCG

الشروق أونلاين
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L'opposition a accusé jeudi le président yéménite Ali Abdallah Saleh d'avoir fait échouer un plan pour une transition pacifique présenté par les monarchies du Golfe, qui ont décidé de tenir une réunion d'urgence sur le Yémen dans les prochains jours.

 

 Le chef de l’État a refusé à la dernière minute mercredi soir de signer ce plan prévoyant sa démission au bout d’un mois, et un médiateur dépêché par le Conseil de Coopération du Golfe (CCG) a dû quitter Sanaa les mains vides.

  Le chef de l’État “a fait échouer l’initiative des pays du Golfe en refusant de signer” l’accord, a déclaré à l’AFP Yassine Saïd Nooman, président du Forum commun, coalition des partis de l’opposition parlementaire.

   Selon un responsable du Forum commun qui a requis l’anonymat,  Saleh a posé une série de conditions rédhibitoires pour apposer sa signature, alors que l’un de ses conseillers, Ahmad al-Soufi, avait affirmé que l’accord serait signé mercredi soir.

   “Il semble que le président soit prêt à avoir recours à tous les moyens pour se maintenir au pouvoir”, a estimé  Nooman, exprimant sa crainte d’une escalade de la violence.

  A Riyad, un responsable du CCG a indiqué que les ministres des Affaires étrangères du groupement régional allaient se réunir dans “les trois prochains jours” dans la capitale saoudienne pour discuter de la situation au Yémen.

  La Maison-Blanche avait exhorté le président Saleh à signer l’accord avec l’opposition “pour que le Yémen puisse immédiatement progresser vers une transition politique”.

   Nooman a assuré que les protestataires qui réclament depuis fin janvier le départ de  Saleh, au pouvoir depuis près de 33 ans, “vont intensifier leur révolte populaire mais sont déterminés à en préserver le caractère pacifique”.

  Le chef de l’État n’a donné aucun signe de sa volonté de partir, appelant ses partisans à se rassembler vendredi comme chaque semaine à Sanaa.

  En outre, les journalistes ont été invités à assister à un défilé militaire à Sanaa dimanche, à l’occasion du 21ème anniversaire de l’unification du nord et du sud du pays.

  Ce défilé militaire va intervenir alors que la situation est tendue dans la capitale, les forces du général Ali Mohsen al-Ahmar, rallié au mouvement de contestation, contrôlent le nord et l’ouest de la capitale alors que les forces fidèles au président Saleh tiennent le reste de la ville.

  Le plan des monarchies du CCG prévoit la formation par l’opposition d’un gouvernement de réconciliation et la démission un mois plus tard du président en échange de l’immunité pour le chef de l’État et ses proches, puis une élection présidentielle dans les 60 jours.

  Sur le terrain, des dizaines de milliers de personnes ont défilé jeudi à Taëz, deuxième ville du pays au sud de Sanaa, réclamant la démission immédiate du chef de l’État, selon des habitants.

  A Sanaa, les jeunes qui campent depuis le 21 février sur la place du Changement se préparaient à une journée de mobilisation vendredi, face aux partisans du gouvernement.

   “Nous allons poursuivre notre révolution jusqu’au bout, jusqu’à la chute de Saleh”, a affirmé à l’AFP une des principales meneuses du mouvement de contestation des jeunes, Tawakul Karman.

  Selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources médicales et de sécurité, 180 personnes ont été tuées depuis fin janvier dans la répression des manifestations appelant au départ de  Saleh.

  De crainte de nouvelles violences, les jeunes contestataires ont agrandi l’hôpital de campagne installé sur la place et appelé de nouveaux médecins à se porter volontaires pour traiter les blessés pendant les manifestations, selon le correspondant de l’AFP.

 

 

 

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