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Zohra Drif-Bitat menace de riposter aux accusations de Saâdi

الشروق أونلاين
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Echorouk
Zohra Drif Bitat - Yacef Saâdi

Les récentes révélations de Yacef Saâdi semblent avoir sérieusement affecté la moudjahida Zohra Drif-Bitat qui a déclaré à Echorouk qu’elle lui riposterait au moment opportun.

« Il est responsable de ses propos, je préfère ne pas lui répondre aussitôt, mais je le ferai prochainement. Pourtant, dans mes mémoires parues récemment dans les éditions Chihab, vous pourrez trouver toutes les réponses avec des détails sur les événements et les réalités historiques », nous a-t-elle confié.

Le document qu’avait présenté Saâdi était une copie d’une lettre rédigée non à la main et ne porte aucune signature, dans laquelle on peut lire: « Ma chère Hassiba, tu sais combien tu m’es chère. Je te rassure que je n’ai subi aucune torture et on m’a traitée d’une bonne manière et je me porte bien. Toutefois, comme je crains pour toi je t’envoie cette lettre que va te remettre une femme accompagnée d’un homme qui t’expliquera ce qui s’est passé. Si tu acceptais, il te présenterait à une autre personne qui t’expliquerait davantage ce qui s’est passé. Si tu veux éviter la mort, tiens-toi éloignée de la question de la foi et rends-toi à cet homme et tu ne subiras pas de la torture? Garde secrète cette lettre?

Pour rappel, Yacef Saâdi a souligné que celle qui a vendu Ali Lapointe était une femme sans autant la nommer, et affirmé être en possession de vidéos prouvant son innocence.  

« L’organisation a été infiltrée pendant deux mois sans que personne ne se rendait compte. Ensuite on a été emprisonné dans la villa « Nador ». je savais qu’on était détenus là, car j’ai reconnu la portière du lycée Descartes », a-t-elle dit.  

« …Yacef ne savait pas où se trouvaient Lapointe, Hassiba et l’enfant Amar Yacef. Nous nous sommes rendus chez Farida Hatali et non chez Hassiba pour tenir une réunion le soir et regagner notre cache le lendemain.  Mais, Yacef Saâdi était tombé malade ce soir-là, d’où il m’a fallu informer Ali Lapointe qui nous a demandé de ne pas bouger, et qu’il devrait nous rejoindre avec Hassiba le lendemain », a-t-elle fait savoir ajoutant que «  nous nous sommes mis d’accord de quitter les lieux s’il l’un de nos collègues est arrêté, car la brutalité de la torture pourrait contraindre le détenu à avouer.  Nous avons laissé Ali Lapointe et Hassiba dans le refuge de la rue Caton de la casbah d’Alger et nous ne savions pas qu’ils allaient changer de refuge ».

Il y a lieu de rappeler que Yacef Saâdi s’était attaqué également à la moudjahida Louisette Ighil Ahriz et l’accusé de n’avoir jamais participé à la guerre de Libération et qu’il ne l’a jamais connue, elle qui dit que lui-même s’est mariée à sa sœur. Du coup, la moudjahida Ighil Ahriz lui avait répliqué en présentant des photographies, qui lui ont été remises sous la torture, le montrant assis sur un fauteuil en train d’écrire et à ses côtés Drif Bitat.

« Vous devez lui poser cette question dont j’ai la réponse. Je pense qu’il tente de faire parler de lui en tenant de tels propos », a-t-elle ajouté.

Contacté par nos soins, le moudjahid Lakhdar Bouregâa a qualifié de son côté la lettre de Yacef de « non-événement », affirmant avoir reçu près de 40 lettres semblables rédigées par des moudjhidine sous la torture et la pression de l’armée coloniale pour les envoyer aux moudjahidine en vue de se rendre et de renoncer au jihad. « Je me rappelle qu’un moudjahid de Médéa, Bentarkia, avait été tué par les Français. Ceux-ci continuent à envoyer des lettres en imitant son écriture même après sa mort », nous a-t-il confié.

Et Bouragâa d’ajouter: « Yacef Saâdi a déclaré à un quotidien national avoir eu en sa possession près de 4.000 engins militaires à la Casbah. Un chiffre inimaginable que les deux wilayas III et IV révolutionnaires réunies  n’aient  pas. En vérité, ils avaient un nombre bien limité de vieilles armes. Comme il a tenté aussi de minimiser la contribution de la moudjahida Louisette Ighil Ahriz, dans la lutte contre le colonialisme, elle qui était au maquis et atteinte d’une balle ». 

 

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