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600 tonnes d’archives transférées vers la France à l’annonce de l’indépendance

Abdenour Boukhemkhem/Version française Madjid D.
 

200 000 boites d’archives contenant d’inestimables documents sur la période coloniale ont été transférées clandestinement par les autorités françaises d’Algérie vers la France entre 1961 et 1962. Ces archives concernent tous les aspects de la vie en Algérie, notamment la vie politique, administrative, sociale et économique durant la période coloniale.

Grande fut la surprise pour le jeune archiviste Abdelkrim Badjadja au moment où il découvrit en 1974 un trésor inestimable laissé par omission par les autorités françaises. Ces derniers ne savaient pas qu’ils ont laissé derrière eux des archives d’une très grande valeur qui serviront par la suite lors des négociations entre Alger et Paris pour la restitution des archives à l’Algérie. Ces archives témoigneront pour toujours de tous les crimes commis par la France durant sa présence en Algérie. Abdelkrim Badjadja venait tout juste de terminer ses études universitaires lorsqu’on lui a confié en 1974 la responsabilité de gérer le Centre régional des archives de Constantine. En fouillant et feuilletant les archives concernant la gestion du centre durant l’ère coloniale, il est tombé sur des listes détaillées de toutes les archives tous les documents portant sur toute la région Est du pays qui ont été transférées clandestinement vers la France entre 1961 et 1962. Ces preuves inestimables ont été laissées par omission par le responsable français des archives de Constantine, Alain Ireland Braindberg.

Ces archives et documents précieux découverts par Abdelkrim Badjadja donnent des informations précises sur toutes les opérations de transferts secrets et rapides de 200 000 boites d’archives, soit quelque 600  tonnes d’archives transférées vers la  France. Ces documents trouvés donnent même les noms des chauffeurs et les numéros des camions militaires au bord desquels ont été transportées ces archives. Ces données ont beaucoup aidé l’Algérie dans ses négociations avec la  France pour la restitution des archives algériennes. Pour rappel, les négociations pour la restitution de la mémoire collective du peuple algérien (archives) ont commencé dès le début des années 1980 et durent encore à ce jour. Les archives demandées par l’Algérie concernent tous les aspects de la vie en Algérie, notamment la vie politique, administrative, sociale et économique durant la période coloniale. La plus grande partie de ces archives a été transférée au Centre des archives d’Aix-en-Provence en France.

 L’Algérie a entamé des négociations au lendemain de l’indépendance avec la France pour la restitution des archives datant de la période coloniale. Mais ce n’est qu’au début des années 1980 que la  France accepte pour la première fois d’entamer des négociations officielles au sujet de la restitution de ces archives transférées en France. Les négociations ont duré une très longue période et durent encore. Sur les 600 tonnes (200 000 boites d’archives), la partie française ne reconnaît que 53 000 boites. Malgré cela, l’Algérie n’a pu reprendre jusqu’à maintenant qu’une partie infime de ces archives. En premier temps, l’Algérie a reçu en 1968 quelque 386 registres repartis sur 36 boites d’archives. La deuxième fois la  France à remis à l’Algérie en 1974 14 000 documents repartis sur 153 boites d’archives. En troisième période, l’Algérie a reçu en 1981 des archives sur la période ottomane. Il s’agit de 133 registres repartis sur 15 boites d’archives.

 

 

 


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