Yacef Saâdi: « Je possède 50 preuves sur Ighil Ahriz avec lesquelles je peux la briser instantanément »
L’avocat de la moudjahida Louiza Ighil Ahriz a demandé au parquet d’Alger d’auditionner sa cliente afin de déposer une requête au niveau du Conseil de la nation pour demander la levée de l’immunité parlementaire dont jouit Yacef Saâdi, membre du Sénat, pour l'ester en diffamation.
Dans le bilan signé par l’avocat de Louiza Ighil Ahriz, à savoir Me Mokrane Aït Larbi dont Echorouk a reçu une copie, il a été mentionné que « Mme Ighil Ahriz l’une des héroïnes de la Guerre de Libération a rejoint les rangs des moudjahidine et après avoir été blessée par balles, l’armée française l’avait arrêtée et soumise à la torture pendant 75 jours. Par la suite, la moudjahida Mme Ighil Ahriz a été incarcérée dans les prisons de Barberousse, d’ El Harrach et en France avec d’autres membres de sa famille avant qu’elle ne soit remise en liberté en 1962.
Le 30 mai 2011, la moudjaghida a déposé plainte, par le biais de son avocat, contre Yacef Saâdi qu’elle a accusé de diffamation. Ce communiqué a rapporté certains propos qui portent atteinte à la dignité et à son honneur de moudjahida.
« Ne croyez pas toutes celles qui versent des larmes, il y a des femmes qui prétendent avoir pris part à la guerre mais ce sont des menteuses qui excellent dans l’art de faire de la comédie. Je veux précisément parler de Louisa Ighilahriz qui dit avoir été torturée, je vous confirme qu’elle n’a aucun rapport avec la Guerre de libération », tels sont les propos de Yacef Saâdi.
« Le Parquet d’Alger devait, conformément à la Constitution et au Code de procédure pénale, entendre la plaignante sur procès-verbal et transmettre la plainte au Sénat par la voie du ministère de la Justice pour la levée de l’immunité parlementaire, procédure préalable aux poursuites », explique Me Aït Larbi. « Mais quatre mois et demi après le dépôt de la plainte, la plaignante n’a reçu aucune notification.», a ‑t‑ il ajouté.
Me Ait Larbi a appelé les militants des droits de l’homme et les organisations non gouvernementales (ONG) pour que : « La plainte de Madame Louisa Ighil Ahriz ne sera pas enterrée au « bureau spécial » du ministère de la Justice, comme d’autres plaintes déposées par des citoyens contre des responsables ».
« À l’ère des “réformes”, le pouvoir est incapable de faire respecter un principe de base, qui est l’égalité de tous devant la justice », a-t-il ajouté.
La moudjahida Louiza Ighil Ahriz a déclaré à Echorouk que Yacef Saâdi lui a présentée ses excuses par le biais de médiateurs qu’elle a rejetées. En revanche, elle lui demande à présenter ses excuses à travers trois journaux francophones et trois journaux arabophones.
Mme Ighil Ahriz a affirmé qu’elle ne fait pas de concession quant à sa plainte déposée contre Yacef Saâdi pour ses propos diffamatoires contre elle.
Elle insiste également d’y aller jusqu’au bout, notamment qu’elle a découvert qu’encore une fois Yacef Saâdi a été à l’origine d’une autre attaque contre la moudjahida lors de ses déclarations confiées à l’Italienne Paola Plagino qui prépare une thèse de doctorat intitulée : « Le parcours de la combattante Louiza Ighil Ahriz de 1954 à 1962 ». Selon Ighil Ahriz, Yacef Saâdi l’a traitée : « D’une traitre. Elle a trahit la révolution en prenant la poudre d’escampette en compagnie du chef de la 1e région militaire Saïd Bakel ».
La moudjahida s’efforce à avoir une version de l’enregistrement d’entretien qui a eu lieu entre Yacef Saâdi et l’Italienne ».
De son côté, Yacef Saâdi a répliqué aux déclarations de Ighil Ahriz en disant qu’il « n’a jamais lutté aux côtés d’elle lors de la Guerre de libération et qu’il ne l’a jamais revue depuis l’Indépendance ».
Yacef Saâdi ne s’arrête pas à ce stade et va jusqu’à la mettre en garde contre la continuité de son attaque lancée contre lui en disant : « Je possède 50 preuves sur elle, avec lesquelles je pourrai la briser en une seconde seulement ». « Par respect à la réputation et la dignité de sa famille, je garde le silence jusqu’à ce que le moment propice viendra », a-t- il conclu.