Ayed El-Karani: « Le régime syrien est un régime policier »
Cheikh Ayed El-Karani a qualifié le régime syrien de Bachar al-Assad de « régime policier » qui a, selon lui, fui devant l’armée sioniste et lui a offert gratuitement le Golan. Dans une interview qu’il a accordée à Echorouk, ce prédicateur a défendu les positions des oulémas vis-à-vis des révolutions arabes et a justifié leurs divergences.
Echorouk : quelle était votre réaction après que l’Arabie Saoudite ait dénoncé la violence en Syrie et après qu’elle ait rappelé son ambassadeur à Damas afin de protester contre la répression sanglante du mouvement de contestation du régime de Bachar al-Assad?
Cheikh Ayed El-Karani : nous avons reçu avec soulagement et joie la position du roi Abdallah parce que ce qui se passe en Syrie est inadmissible que ce soit du point de vue religieux ou moral. Le régime policier en Syrie a fui devant l’armée sioniste et leur a offert sur un plateau d’argent le Golan.
Echorouk : certains observateurs estiment que la réaction de l’Arabie Saoudite face à ce qui se passe en Syrie vient très en retard, c’est-à-dire après plus de 2 700 morts, plus de 5 000 disparus et 30 000 arrestations. Qu’en pensez-vous ?
Cheikh Ayed El-Karani : pourquoi ne posez-vous pas cette question au gouvernement algérien ? Tous les pays arabes et la Ligue arabe ont réagi très tard. Je prie le peuple algérien de lire la Fatiha du Coran sur l’âme de la Ligue arabe. (Une expression pour dire que la Ligue arabe ne joue aucun rôle pour résoudre les problèmes qui secouent plusieurs pays arabes. Pour lui, cette organisation est « nulle »).
Echorouk : vous avez qualifié les massacres commis par le régime du président syrien Bachar al-Assad de nouveau « holocauste », le peuple syrien vous sera reconnaissant pour cela, mais pourquoi n’avez-vous pas réagi de la même façon vis-à-vis des autres révolutions arabes, notamment en Libye ?
Cheikh Ayed El-Karani : j’ai fait des déclarations sur les régimes libyen, égyptien, tunisien et Yéménite sur les pages du journal « Echark el Awsat » (Moyen-Orient » sous le titre « Les présidents arabes ». Avant cet article j’ai publié un autre article sous le titre « Le Coran et les révolutions arabes ». Dans ces articles j’ai dit les quatre vérités (sur les révolutions arabes).
Echorouk : certains oulémas musulmans ont donné leurs avis sur ce qui se passe dans certains pays arabes, puis sont revenus sur leurs positions. Ne pensez-vous pas que cela nuit à leur crédibilité ?
Cheikh Ayed El-Karani : non cela n’est pas vrai. Les oulémas ne sont pas des prophètes, ainsi ils peuvent commettre des erreurs. Certains on dit que j’ai loué Mouammar Kadhafi avant la révolution libyenne et que je me suis pris à lui après le déclenchement des la guerre dans ce pays. Je défie qui que ce soit de prouver que j’ai vanté Kadhafi. Le monde est ouvert et on ne peut rien cacher aux gens.