Bekhti Belaïb: “Les États-Unis préoccupés par la baisse de leurs exportations vers l’Algérie”
Le ministre du Commerce, Bekhti Belaïb a révélé dans un entretien qu’il a accordé à Echorouk les nouvelles procédures prises de sorte que les prix des produits importés par le biais des licences d’importation, comme les voitures, soient au même titre que ceux appliqués sur les marchés internationaux.Le ministre a promis d’être intransigeant à l’égard des importateurs dits « cupides ». De retour de France, où il s’est fait soigner, Bekhti Belaïb s’est vite mis au travail en signant les licences d’importation du ciment, du fer et d’acier ainsi que les voitures, assurant la fin de la crise du ciment qui a suscité une grande polémique ces derniers jours.
Votre Excellence, vous avez rencontré le secrétaire d’Etat adjoint américain chargé des affaires politiques, Thomas Shannon. Pourriez-vous nous parler des sujets que vous aviez abordés? Quelles sont les perspectives du partenariat économique entre les deux pays?
Effectivement, il y a eu une rencontre importante entre le responsable américain et moi. En effet, tous les aspects de la coopération économique et commerciale entre les deux pays ont été passés en revue, notamment dans la conjoncture actuelle que vit le pays, marquée par la forte baisse des recettes pétrolières. Aujourd’hui, nous cherchons de nouvelles opportunités pour que les entreprises américaines investissent davantage en Algérie, et ce pour stimuler l’économie nationale et se libérer de la dépendance aux hydrocarbures. Parmi les plus importants domaines de partenariat à conclure à ce titre, figurent essentiellement l’investissement en matière de la fabrication des médicaments en Algérie, la construction automobile ainsi que les mines.
Je ne vous cache pas que les Américains sont conscients que leurs exportations vers l’Algérie ont baissé, bien que nous continuions à importer d’importantes quantités de médicaments et des équipements électroniques. C’est pourquoi ils nous ont demandé des explications sur le sujet.
Qu’en est-il du dossier des licences d’importation qui a généré une vive polémique ces derniers mois, surtout l’importation des voitures?
Actuellement, trois produits seulement sont soumis à la licence d’importation, à savoir les voitures, le fer et l’acier et le ciment. En effet, c’est le ministère de l’Industrie et des mines qui a fixé ces produits, en tenant compte des capacités nationales et des quantités produites localement. En outre, il est derrière le système de quotas, sachant que ces derniers peuvent être élargis, si nécessité il y a. Nous ne pouvons toutefois interdire l’importation des produits manquants sur le marché national, qu’il s’agisse des voitures, du ciment ou du fer.
Pour ce qui est de la crise du ciment, dont les prix ont atteint des seuils vertigineux, y a –t-il des mesures prises au niveau de votre département afin de réguler le marché?
Tout à fait ! Avec la distribution au cours de cette semaine des licences d’importation du ciment, nous parviendrons à mettre un terme à la spéculation et à ce que les prix retrouvent leur niveau habituel. Je veux préciser là-dessus que la crise du ciment a coïncidé avec la fermeture collective de certaines usines, ce qui a généré une pénurie sans précédent. J’ai également envie de rassurer les citoyens quant à la stabilisation du marché à compter de cette semaine. Le produit sera disponible en quantités considérables. Les quotas d’importation du ciment seront fixés en fonction des besoins du marché national évalués par le ministère de l’Industrie.
Vous aviez parlé d’une coordination avec le ministre de l’Agriculture, Sid Ahmed Ferroukhi au sujet de l’introduction de cinq produits agricoles à soumettre à la licence d’importation. Avez-vous reçu cette liste? De quels produits il s’agit?
Aucune liste ne nous a été remise à présent. Le ministre de l’Agriculture se penche actuellement sur le sujet, et elle nous sera remise très prochainement. Pour l’heure, il s’agit de certains produits comme le maïs, l’aliment de bétail et autres produits agricoles…Notre objectif majeur, c’est de réduire nos importations de manière significative, de surcroît le déficit de la balance commerciale.
Votre Excellence, vous aviez évoqué des négociations engagées par le gouvernement algérien pour contracter un prêt auprès de la Chine. Où se situent ces négociations?
S’agissant de la question du prêt, je pense qu’elle a pris trop de place. Lorsque je parle d’un crédit, je ne le fais pas arbitrairement. Je pense que seul l’Etat est responsable de contracter des crédits et d’agir de manière à subvenir à ses besoins. Cessons d’incriminer l’opération, car le pays le plus endetté au monde étant les États-Unis, et je suis persuadé que le secret de leur croissance économique est basé sur l’endettement. Le crédit n’est pas un crime surtout s’il est destiné à servir les intérêts du pays et à subvenir à ses besoins dans certaines circonstances précises.