Boukhemkhem: «Comment me prive-t-on de mes droits et puis on m’invite aux consultations ?»
Invité à prendre part aux consultations sur la révision constitutionnelle, Abdelkader Boukhemkhem, ancien cadre dirigeant du FIS-dissous a décliné l’invitation d’Ahmed Ouyahia, affichant son attachement à l’idée d’une véritable phase de transition à laquelle participeront tous les acteurs politiques et sociaux ainsi que le pouvoir.
Dans un communiqué rendu public dont Echorouk a reçu une copie, Abdelkader Boukhemkhem s’est dit étonné sur le fait qu’il soit convié aux consultations «en tant que personnalité nationale et non en tant qu’ancien dirigeant fondateur du FIS». «L’invitation m’est parvenue alors que je suis arbitrairement interdit d’exercer mes droits politiques et civiques. Une interdiction décidée en vertu de l’article 26 de la Réconciliation nationale qu’ils veulent hisser dans le rang des constantes de la Nation. De plus, je suis toujours sous contrôle judiciaire en raison de ma participation à une marche en janvier 2009», note-t-il dans son communiqué.
«Les consultations sur la révision de la Constitution interviennent dans un contexte marqué par des situations plus graves après des élections présidentielles que la majorité du peuple ait boudées, ce qui lui a fait perdre toute légitimité et un Parlement n’ayant non plus une représentation populaire», estime-t-il .
Pour lui, ces consultations n’ont pour finalité que de «détourner le peuple de la crise de légitimité qui est à l’origine de toutes les crises que vit le pays».
Evoquant la «crise de légitimité», Abdelkader Boukhemkhem n’a pas manqué de rappeler que sa participation à la Révolution algérienne lui a permis de confirmer que le régime algérien souffrait essentiellement de problème de légitimité de l’Indépendance en 1962, qui «s’est aggravé et pris de nombreuses dimensions après le 11 janvier 1992», d’où il fallait, selon lui, analyser la crise politique du pays «de manière approfondie et sincère et sans autant griller les étapes ou de proposer de solutions artificielles».
A cet effet, l’ancien leader du Front islamique de salut a tenu à rappeler les multiples initiatives prises par des formations politiques, y compris le FIS-dissous pour désamorcer la crise du pays, en citant comme exemple « l’initiative de la conférence nationale du 13 janvier 1995 à laquelle ont participé tous les courants politiques de différentes orientations idéologiques et politiques. Un fait inédit dans l’histoire du pays. Cependant, le système politique opiniâtre l’a rejetée en bloc et traité les signataires de tous les noms, au point qu’il les accusait de haute trahison», souligne-t-il.
« Quant aux initiatives lancées par le FIS-dissous depuis l’arrestation de ses leaders historiques le 30 juin 1991, le parti a de tout temps insisté sur le fait que la crise en Algérie est une crise politique », ajoute-t-il.
Par ailleurs, il regrette « le sort réservé par le pouvoir à toutes les initiatives du FIS, ce qui a gâché au peuple l’occasion d’une sortire de crise à travers une solution politique globale et équitable».