Bouteflika va-t-il décider des législatives anticipées ?
Les partis de l’opposition réclament la tenue des élections législatives anticipées, qu’ils considèrent un élément fondamental pour sortir de la crise politique et un des axes qu’ils prônent pour mettre en place un période de transition.
Les partis au pouvoir ne le voient pas de cet œil en estimant que la dissolution du Parlement rentre dans les prérogatives du Président, tandis que le FLN ait rejeté en bloc la proposition sous prétexte d’être le parti de la majorité.
En effet, les partis ayant animé la campagne électorale de l’ex-président semblent éviter de parler d’une période de transition pourtant longtemps évoquée lors de la campagne électorale, en expliquant qu’une telle mesure relève des prérogatives du Président, y compris l’organisation des élections législatives anticipées.
Belkacem Melah, leader du Rassemblement national démocratique (RND) a refusé, lui, de définir la phase de transition telle qu’elle la faite l’opposition, estimant que la transition signifie la passation du flambeau par le chef de l’Etat à la génération de l’indépendance ajoutant que la Constitution donnera un vrai statut à l’opposition une fois amendée.
La Constitution, selon Melah, va revoir les pouvoirs des deux chambres du Parlement afin qu’ils soient élargis, ajoutant que l’opposition devra jouer dans le futur le rôle d’un partenaire efficace, et ce pour construire à la fois un Etat fort et une opposition forte.
En revanche, le Front de libération nationale (FLN) ne reconnaît pas cette idée d’autant que le président est élu et les institutions sont mises en place. A cet égard, Mustapha Mazouzi, membre du bureau politique du parti estime que le changement accompagnera la révision de la Constitution, jugeant que sa formation était la première à avoir proposé une transition en vue de garantir un équilibre entre les pouvoirs, permettre au Parlement de jouer son rôle dans le contrôle de l’action du gouvernement ainsi que de permettre au parti ayant la majorité de diriger le gouvernement.
Par ailleurs, le vieux parti n’évoque guère la question des élections législatives anticipées, dont la décision revient, selon ce parti, au président de la République s’il le juge nécessaire.
Etant le parti détenant la majorité des sièges, le FLN estime plutôt que son enjeu consiste à chapeauter le pouvoir exécutif et préparer un climat à la génération de l’indépendance pour succéder à celle de la révolution.
Abdesslam Bouchouareb a, quant à lui, souligné que l’idée d’une transition n’était jamais proposée pendant la campagne, estimant qu’il était précoce de parler d’élections législatives anticipées.
Pour Belkacem Sahli, la révision constitutionnelle avec la participation de tous les partis politique constitue un important chantier.
Abderrazak Makri, président du MSP indique que l’organisation des élections législatives anticipées est l’un des axes d’une période de transition à laquelle appelle le Mouvement, en plus de la révision constitutionnelle, en refusant toutefois de revivre les mêmes expériences qu’a vécues le MSP par le passé. Abdelmadjid Menasra, président du Front de changement adhère à cette option estimant la transition comme une issue pour sortir de la crise, avec l’organisation des élections législatives et locales anticipées, à condition qu’elles soient transparentes.