Ces rescapés sauvés in extremis relatent leur “calvaire”
Quatorze (14) migrants clandestins, issus de quatre wilayas différentes, entassés d’une embarcation de bois ont pu être sauvés in extremis au large après avoir tenté depuis les côtes d’El Tarf d’atteindre l’île de Sardaigne par voie maritime, tandis qu’un d’entre eux a perd la vie.
Voulant fuir la misère, le chômage, la marginalisation, ces jeunes âgés entre 19 et 28 ans se sont retrouvés face à une mer qui s’agite violemment ainsi qu’à des vagues géantes.
Pour atteindre l’autre rive, ces candidats à l’immigration clandestine ont payé chacun une somme oscillant entre 10 et 15 millions de centimes à un trentenaire expulsé par les autorités françaises.
Deux rescapés ont raconté à Echorouk leur aventure, digne d’une scène de film d’horreur, au vu le désespoir et la peur qui gagnent chacun d’entre eux car ne pouvant rien faire.
Mohamed Cherif, 28 ans, originaire de la wilaya de Annaba nous a relaté son récit. “Nous avons pris le large vers 1 heure du matin. Après 20 heures de navigation, nous étions égarés…Arrivés aux abords de l’île de Sardaigne, la météo s’est détériorée et un vent violent a commencé à souffler très fort changeant ainsi la trajectoire de notre barque. Face à cette situation insoutenable, nous ne savions quoi faire, d’autant plus qu’il ne sous restait point ni le carburant, ni les vivres, non plus l’eau potable…Nous n’avions que l’eau de mer pour étancher vainement notre soif et tromper notre faim…Nous sentions impuissants de nous en tirer de ce calvaire où nous étions encerclés de vagues de tout bord…Nous attendions la mort venir nous faucher la vie”, a dit l’aventurier, ajoutant n’avoir jamais imaginé être en face d’un tel scénario et ne s’être jamais préparés ses camarades et lui pour affronter ce péril.
“Désespéré, j’ai demandé à mes camarades que si je meurs et qu’ils survivent qu’on m’enterre à Annaba à proximité de la tombe de mon amie et qu’ils transmettent mon salut à ma mère à qui je demande pardon”, a-t-il ajouté.
“Un de nos amis a réussi vendredi à joindre au téléphone un membre de sa famille à Oum El Bouaghi. Du coup, les unités de la marine de Annaba ont été alertées. Dieu merci, ils nous ont sauvé la vie”, a souligné Mohamed Cherif qui a tenu à adresser à ceux qui veulent tenter cette aventure au péril de leur vie d’enterrer définitivement ce rêve qui n’est, à ses yeux, qu’un vrai cauchemar.
Par ailleurs, il a promis ne jamais reprendre une telle aventure.
Pour sa part, un autre jeune de la capitale (Alger), sauvé lui-aussi de très peu, a dit ne pas pouvoir repousser l’idée d’aller vivre dans l’autre rive de la Méditerranée mais par voie légale.
De leur côté, les familles des rescapés originaires d’Oum El Bouaghi se sont dites reconnaissantes à l’égard du député Samir Djebaili, dont l’intervention auprès des autorités d’accélérer les procédures de sauvetage de leurs enfants en détresse au large de Collo (Skikda).
Traduit par: Moussa. K.