Comment Bouteflika s’acheminera-t-il vers El Mouradia ?
Après l’officialisation de la candidature de Bouteflika pour un quatrième mandat, plus d’un se pose la question comment parviendra-t-il à prêter serment et comment va-t-il gérer les affaires du pays durant les cinq années à venir ?
Pour les personnes ayant émis l’espoir de voir le président sortant rempiler, la lettre adressée par Bouteflika à l’occasion de la commémoration de la Journée du martyr constitue un signe fort de sa capacité de gérer les affaires du pays.
Avant eux, le président du Mouvement populaire national, Amara Benyounès avait annoncé que le président va gérer le pays avec sa tête et non avec ses pieds, et que la tête de Bouteflika fonctionnait bien.
De son côté, Mohamed Talbi, directeur général des Libertés publiques et des Affaires juridiques, au ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales, a indiqué que le candidat à la présidentielle n’était pas dans l’obligation d’aller lui-même retirer le formulaire de candidature et pouvait mandater une personne à sa place pour le faire.
L’ex-ministre de la Communication, Mohamed Saïd a de son côté déclaré à Echorouk que la loi n’obligeait pas du candidat à la présidentielle de mener lui-même sa campagne électorale.
Pour rappel, lors des élections présidentielles de 2009, Mohamed Bessaïh, alors président du Conseil constitutionnel, a été victime d’un accident de circulation survenu en Afrique de Sud. Se sentant incapable de se déplacer jusqu’au vestibule du Conseil constitutionnel pour recevoir les candidats à la présidentielle, tel que prévu par les dispositions protocolaires, il a fini par les recevoir dans son bureau.
Aujourd’hui, on se demande si on assistera à un tel scénario inversement ? C’est-à-dire, est-ce Medelci, président actuel du Conseil constitutionnel, va-t-il descendre au vestibule du bâtiment pour ne pas, bien entendu, le président Bouteflika, ou optera-t-il de faire déplacer son bureau pour recevoir les dossiers de candidature à la présidentielle ?
Si les partis d’opposition se sont vertement opposés au 4e mandat, les partis pro-pouvoir ont affirmé être prêts de mener la campagne électorale de leur « candidat », et plus encore, ils disent que Bouteflika n’a guère besoin d’une campagne électorale car son bilan de 15 ans de règne suffise de convaincre l’opinion publique.
En attendant, on se demande si Bouteflika va prêtera serment d’autant qu’il soit évident qu’il remportera les élections.
«Le président respecte la loi et la Constitution. Le rêve de l’opinion publique s’est réalisé après l’annonce officielle de la candidature de Bouterflika. D’autres le seront, car c’est lui qui mènera sa campagne électorale, déposera sa candidature au niveau du Conseil constitutionnel, prêtera serment et gouvernera le pays d’une main de fer», a répondu un des chefs de partis pro-pouvoir.