Crash d'Air Algérie: une tempête derrière la catastrophe
Les enquêtes préliminaires sur le crash de l’avion espagnol affrété par Air Algérie, ayant coûté la vie à 118 passagers, dont 6 Algériens ont dévoilé que l’absence de morceaux intacts de l’avion renforce la thèse de l’accident. Celle d’un avion pris dans une violente tempête tropicale en cette saison des pluies et dont le pilote, pour une raison encore inconnue, perd le contrôle.
La dernière communication entre le vol AH 5017 pour Alger et le contrôle aérien fait d’ailleurs état d’une tentative de changement de cap pour essayer, en vain semble-t-il, de contourner la turbulence.
Ce lundi, les deux boîtes noires de l’avion d’Air Algérie qui s’est écrasé au Mali, avec à son bord 118 personnes, dont 54 Français, ont été remises aux experts du Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA). Les deux appareils qui ont enregistré les paramètres de vol et les conversations dans le cockpit fourniront des éléments sur les circonstances du drame. L’enquête du BEA de ces deux enregistreurs a d’ores et déjà commencé.
De sources proches du dossier ont affirmé que s’il y avait eu une bombe à bord ou s’il avait été touché par un missile, l’avion se serait en partie disloqué en vol, des éléments auraient été projetés dans l’air, retrouvés éparpillés sur une grande surface.
L’état des boîtes noires du vol Ouagadougou-Alger inquiète le Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA), l’autorité française en charge de leur examen. Selon sa porte-parole, Martine Del Bono, l’une d’entre elles est particulièrement détériorée : « Il y a eu un fort impact et l’une des deux boîtes noires est plus fortement endommagée que l’autre », affirme-t-elle. Ce qui laisse planer l’incertitude sur le temps que mettra son analyse, voire sur la possibilité même d’en extraire des informations. Leur armure blindée peut résister à des chocs très violents, à des feux intenses allant jusqu’à 1 100 degrés Celsius durant une heure, ou encore à une immersion en eaux profondes (6000 mètres maximum). Dans ce dernier cas, une balise se déclenche pour émettre des ultrasons durant 30 jours, avec une portée de 2 kilomètres.
Le quotidien francophone « Le Figaro » a donné comme exemple, les boîtes noires du vol AF447 Rio-Paris – qui s’est abimé dans l’Atlantique le 1er juin 2009 – ont été retrouvées 23 mois plus tard à 3 900 mètres de profondeur. Leurs informations ont pu être intégralement récupérées.