Crash du vol d'Air Algérie: l’enquête judiciaire pointe une série d'erreurs
L’enquête judiciaire française sur l’accident de l’avion d’Air Algérie qui avait fait 116 morts dont 54 Français en juillet 2014 au Mali révèle une série d’erreurs “tragiques”.
Le vol Ouagadougou-Alger s’était écrasé le 24 juillet 2014 dans le nord du Mali. Le McDonnell 83, affrété par Air Algérie auprès de la compagnie espagnole de leasing Swiftair, transportait 110 passagers, dont 54 Français, des Burkinabè, des Libanais, des Algériens et six membres d’équipage, tous Espagnols.
Selon les deux juges d’instruction qui ont rencontré mardi les familles des victimes, la cause principale de l’accident est “la non-activation du système d’antigivre des sondes moteur, alors que la température extérieure et la zone humide traversée requéraient sa mise en place”.
Le Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) avait déjà annoncé en avril que l’équipage n’avait pas activé ce système, conduisant au dysfonctionnement de certains capteurs.
D’autres éléments troublent les familles des victimes: si le pilote et le copilote avaient respectivement 12.000 et 7.000 heures de vol à leur actif, tous deux étaient des saisonniers, exerçant ce métier durant six mois de l’année, et ils n’avaient volé qu’une fois en Afrique. «Il s’agit pourtant d’une zone où la météorologie est difficile», estime l’avocat, qui représente les proches de 52 victimes.
D’autre part, si le pilote et le copilote avaient une expérience importante — tout en étant des « saisonniers », exerçant un autre métier six mois de l’année — ils n’avaient à leur actif qu’un seul vol en Afrique, où les conditions météorologiques sont particulières. A propos de la météo, justement, le journal ajoute que l’équipage était parti avec une fiche météo mise à jour plus de deux heures et demie avant le décollage.