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Culture : le théâtre algérien en quête de qualité

الشروق أونلاين
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Culture : le théâtre algérien en quête de qualité

Après les années de décadence, résultat de la disparition ou de l'exil de ses grandes figures, le théâtre algérien tente de renouer avec sa gloire passée et conjurer la médiocrité qu'il l'a atteint, en prenant le pari de la qualité et de la performance.

 

L’ouverture de plusieurs théâtres régionaux, l’apparition de coopératives et de compagnies théâtrales à travers le pays et l’organisation, à longueur d’année, de festivals nationaux et régionaux dédiés au 4ème art, offre une image « encourageante » de la scène théâtrale algérienne, même si des segments restent à parfaire entre prestations des comédiens, mise en scène, décors et autres.  L’état du théâtre algérien ? Peu reluisant en tout cas est le diagnostic que font les professionnels, rencontrés lors du 4ème festival du théâtre national professionnel, clos mardi. Ils pointent, d’abord, du doigt ses multiples défaillances à commencer par l’indigence de l’écriture dramatique jusqu’à la rareté des critiques, en passant par le manque de compétences artistiques (acteurs, metteurs en scène, décorateurs, costumiers, etc.), autant de tares qui empêchent le 4ème art algérien de rebondir pour renouer avec un public qu’il a perdu durant les années 1990 et qu’il peine à séduire. Le chercheur et président de la compagnie théâtrale « El-Aâfsa » de Tlemcen, Ali Abdoun, estime que le théâtre algérien « entreprend actuellement des pas positifs ». A ses dires, « quelque chose d’intéressant est en gestation »  et il en veut pour preuve la « présence de jeunes talents motivés et déterminés » à aller de l’avant, même si, tempère t-il, « beaucoup reste à faire » en termes de qualité et de formation pratique, sur les planches. Evoquant la « rupture tragique » subie par le théâtre algérien durant les années de terrorisme et l’hémorragie qui l’a saigné en raison de l’assassinat, de la disparition naturelle ou le départ forcé de ses plus dignes représentants, ceux qui ont justement signé ses pages de gloire, Abdelkader Alloula, Azzeddine Medjoubi, Ould Abderrahmane Kaki, Kateb Yacine, Slimane Benaissa, et bien d’autres, Ali Abdoun a tenu à rappeler « combien la lutte pour la survie du théâtre en Algérie a été dure et le combat des rescapés âpre ».  Pour lui, tout le débat, aujourd’hui, devrait porter sur la qualité des pièces de théâtre, car au delà des festivals et rencontres dédiés au théâtre et désormais institués, ces dernières années ont vu éclore, estime-t-il, de jeunes talents, doués et passionnés qui méritent un meilleur encadrement artistique pour qu’ils puissent donner la pleine mesure de leurs compétences.

 Le critique de théâtre Nadjib Stambouli pense, pour sa part, que le théâtre algérien connaît un « nouveau souffle » dont le véritable résultat sera « palpable dans quelques années ». A condition, dit-il, que la rigueur soit de mise et que l’on accorde toute son importance à l’abnégation dans l’exécution de l’acte artistique, critères incontournables pour produire une oeuvre théâtrale de qualité. Rappelant que les planches, donc la pratique, « représentent la meilleure école pour un comédien » fraîchement sorti de l’institut d’arts dramatique ou des conservatoires, il dira: « les nouveaux comédiens sortent des instituts avec de bonnes bases théoriques, mais le plus important reste, pour eux, de pratiquer ce qu’ils ont appris ». En outre, M. Stambouli a soulevé la question de la relation théâtre-public, qui, selon lui, joue un rôle primordial dans l’amélioration de la qualité des pièces de théâtre. Pour ce critique, il n’existe pas de « recette miracle » si l’on veut renouer avec le public, et « il suffit juste d’avoir le souci de la qualité ».  Rappelant que le théâtre algérien est passé, depuis sa naissance à ce jour, par des périodes plus intenses et plus riches que d’autres en terme de spectacle, Bendimerad insiste sur la « nécessaire continuité », pour rompre avec l’habitude de célébrer des évènements conjoncturels et ponctuels (festivals, Journées théâtrales, etc.) et inscrire tout avancement dans la durée afin d’ancrer le 4ème art dans son environnement naturel: la société, dira tout simplement ce critique. 

 

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