Des experts décortiquent les changements opérés par Bouteflika
Les experts économiques s’accordent à dire que les rapports noirs dressés sur la non-application de l’«austérité », et les dépenses à outrance sont à l’origine des changements opérés, par Bouteflika, à la tête de grands établissements économique et financiers du pays.
La situation actuelle a fait bouger les lignes et tirer la sonnette d’alarme quant à la « dilapidation des deniers publics», ce qui a poussé à mettre fin aux fonctions de bien des directeurs généraux qui auraient failli à leurs missions qui leur étaient confiées. Les experts n’excluent pas d’autres limogeages.
Pour l’expert économique, Abdelmalek Mebarek Serrar, les dépenses faramineuses effectuées par les entreprises économiques sont la cause majeure poussant le chef de l’Etat à effectuer des changements à la tête de huit organismes.
Serrar estime que cette mesure est un avertissement à d’autres directeurs ayant dévoré la moitié de leurs budgets en l’espace de quelques mois.
L’expert a attribué le limogeage collectif, effectué dans ce moment précis, au souci du gouvernement d’éviter une «grogne sociale», en optant pour la nomination de personnalités fortes, à même de faire face au phénomène de la bureaucratie et réduire la facture d’importation.
« Les nouveaux directeurs feront face à de grands défis, eux qui sont appelés à ne pas refaire les mêmes erreurs que leurs prédécesseurs », a souligné Mourad Berrour, expert économique, ajoutant que ceux-ci doivent également faire preuve de rigueur dans la gestion et comprendre l’environnement économique à l’échelle mondiale.
« Ce sont les circonstances entourant le pays qui dictent des mesures à prendre et non pas le directeur général, d’autant plus que l’Algérie traverse une crise caractérisée par la chute des cours de pétrole suivie d’une baisse des revenus du pays », estime-t-il.
« Les nouveaux venus doivent profiter de la crise que traversent les Etats européens en vue de développer le secteur industriel, attirer de nouveaux partenaires et saisir les opportunités qui leurs sont offertes en changeant de position en se lançant dans l’offensive au lieu de se contenter d’assister en spectateurs », préconise-t-il. D’après lui, le groupe Sonatrach est au rendez-vous avec un grand défi, d’où il lui faut s’en sortir indemne de la situation marquée par des difficultés en termes d’exploration des gisements de gaz et du pétrole.
Dans le même sillage, Abderrahmane Mebtoul est revenu sur le limogeage du Pdg par intérim de Sonatrach, Saïd Sahnoune pour être remplacé par Amine Mazouzi, dont il juge que les erreurs commises dans la gestion du dossier de gaz de schiste et l’amalgame entre la gestion du groupe et la politique seraient à l’origine. Pour rappel, l’ancien ministre de l’Energie a déjà donné des instructions à Sahnoune d’exhorter les cadres et les responsables du groupe de ne pas évoquer les aspects politiques au sujet du gaz de schiste et se limiter à l’aspect technique.
De son côté, Kamel Rezzig s’est interrogé sur le fait de muter un responsable ayant échoué dans la gestion de son secteur pour être placé à la tête d’un autre organisme.
Rezzig a jugé incompréhensibles ces changements et appelé à nommer de jeunes responsables.