Des milliers de Sénégalais de France élisent leur président près de Paris
Plusieurs milliers de Sénégalais vivant en France ont afflué dès dimanche matin dans les bureaux de vote installés à la Plaine-Saint-Denis, au nord de Paris, pour participer au premier tour de la présidentielle dans leur pays.
Les 51 bureaux de vote, installés dans un des immenses hangars de cette ancienne zone industrielle aux portes de Paris, ont ouvert à 07H30 GMT et depuis n’ont cessé d’être submergés par des électeurs venus de toute la région, a constaté un journaliste de l’AFP.
Au total 30.309 citoyens sont inscrits sur les listes électorales et peuvent voter jusqu’à 17H00 GMT, heure de clôture officielle du scrutin.
A la mi-journée “tout se passe très bien, il y a une forte affluence, une forte participation qui témoigne de la maturité démocratique de nos concitoyens”, a dit à l’AFP le consul général Léopold Faye, reconnaissant toutefois un “léger cafouillage” au début des opérations électorales.
Devant chaque bureau de vote des extraits du code électoral rappellent la procédure, tandis que les mandataires chargés de superviser les opérations, les “circulants”, représentants de l’opposition et du pouvoir, guident ceux d’entre les électeurs perdus dans la cohue générale.
“Je viens de voter pour mon futur président, c’est un devoir civique et moral, je viens d’apposer mon visa sur cette élection”, a déclaré à l’AFP Diagne Sy, 66 ans dont 45 en France et qui “ne rate jamais une élection depuis 1993”.
Avec 13 candidats, l’opposition se présente en ordre dispersé face au président sortant Abdoulaye Wade, 85 ans. “On a moins de chances de gagner, la division ne s’est pas faite de gaîté de coeur, on n’a pas réussi à former une coalition unique”, déplore Matar Konaté, représentant du parti socialiste, ajoutant: “Il faut avoir à l’esprit que le candidat qui arrivera au second tour doit être soutenu par le reste”, ajoute-t-il.
La candidature de M. Wade “reste entachée d’illégalité, si le peuple sénégalais est capable d’élire un candidat illégal, inconstitutionnel, il faudra qu’il en tire ses conclusions”, a jugé Cheikh Ba, du collectif Grand rassemblement des Sénégalais de l’extérieur, qui a manifesté samedi à Paris contre la candidature du président sortant.
M. Wade, élu en 2000 et réélu en 2007, brigue un nouveau mandat de sept ans, et l’opposition juge sa candidature anti-constitutionnelle.
Au Sénégal, la mobilisation des électeurs était forte dimanche à la mi-journée et le vote se déroulait sans incident majeur, ont constaté des journalistes de l’AFP et des observateurs étrangers.