Égypte: au moins 22 morts, les Cairotes se réveillent sur des scènes macabres
Les Égyptiens se sont réveillés lundi matin sur des scènes horribles, des cadavres de plusieurs manifestants gisaient dans plusieurs endroits à l’emblématique place Tahrir, symbole de la révolution égyptienne.
Pas moins de 22 manifestants ont été tués depuis samedi. Au moins 15 personnes ont été tuées après une attaque sauvage menée par les forces de sécurité en collaboration avec la police militaire dans la nuit de dimanche à lundi. Après que les manifestants eurent récupéré l’emblématique place Tahrir, lundi matin, ils y ont trouvé les cadavres de plusieurs personnes au boulevard Mohamed-Mahmoud gisant près des poubelles. Les victimes auraient été tuées par balles. Certaines d’ entres elles auraient été froidement égorgées. « Les services de sécurité, l’armée et la police ont commis des crimes horribles. Non seulement ils ont assassiné froidement des manifestants, mais ils ont jeté leur corps tout près des poubelles », ont indiqué à Echorouk plusieurs personnes ayant découvert les corps jetés par terre. «L’armée égyptienne qui prétendait protéger la révolution, tue sauvagement les révolutionnaires », nous a indiqué un manifestant rencontré sur la place Tahrir.
Des sources bien informées ont indiqué à Echorouk que plusieurs partis politiques se trouvant à la place Tahrir se sont réunis lundi matin pour calmer les esprits. A l’issue de cette réunion, il a été décidé de mettre un terme aux affrontements entre manifestants et services de sécurité et que les manifestants restent sur la place Tahrir jusqu’à la satisfaction de leur revendications légitimes. Les décisions de la réunion ont été par la suite communiquées aux chefs du Conseil militaire. Ce dernier les a transmises au ministère de l’Intérieur. Toutefois, ce dernier a refusé catégoriquement la poursuite de l’occupation de la place Tahrir par les manifestants. Pis encore, il a refusé l’autre demande portant sur l’arrêt des affrontements entre manifestants et services de sécurité.
Pour rappel, les affrontements entre les forces de l’ordre et des centaines de manifestants réclamant la chute du pouvoir militaire sont entrés dans leur troisième jour lundi place Tahrir au Caire, après avoir fait 22 morts depuis samedi en Égypte. Un homme a péri samedi à Alexandrie (nord), tandis que 21 personnes sont décédées au Caire, par des balles réelles ou mortes d’asphyxie en raison des nombreux tirs par la police de grenades lacrymogènes. Les accrochages les plus durs se déroulaient, eux, aux abords du ministère de l’Intérieur, cible privilégiée des manifestants et sous forte garde des forces antiémeutes, près de la place Tahrir. Des manifestations ont également eu lieu dimanche à el-Arich, dans le Sinaï, à Suez et à Ismaïlia, sur le canal de Suez, tandis que des heurts ont éclaté à l’issue des funérailles du jeune homme tué samedi à Alexandrie. Ces violences interviennent à une semaine du début des premières élections législatives depuis la chute de l’ancien président, prévues le 28 novembre et qui doivent s’étaler sur plusieurs mois. Les manifestants réclament la fin du pouvoir militaire qui s’est installé au départ de Moubarak. Ces affrontements, qui rappellent par leur violence les scènes de la révolte contre le régime au début de l’année, ont relancé les craintes que les élections législatives ne soient émaillées de violences.