Egypte: des armes automatiques auraient été utilisées contre la révolte
Des armes automatiques auraient été utilisées contre les manifestants lors de la révolte qui a renversé le président égyptien Hosni Moubarak, a déclaré lundi au procès de ce dernier un haut responsable de la police, tout en assurant ne pas être au courant d'instructions formelles.
Hussein Saïd Mursi, chef du service des communications des forces anti-émeutes, a indiqué que le 28 janvier, trois jours après le début de la révolte, il avait eu connaissance d’une conversation entre deux hauts généraux de la police concernant l’envoi d’armes automatiques et de munitions pour les forces gardant le ministère de l’Intérieur.
Il a également fait état de “contacts” entre responsables de la police “sur l’utilisation d’ambulances pour transporter les armes et les munitions car les véhicules de la police étaient attaqués” par les manifestants.
“J’ai entendu dire par des officiers que ces armes ont été utilisées”, a-t-il ajouté à la barre, en réponse à une question du juge Ahmed Refaat sur leur usage.
Il a toutefois laissé entendre, au cours de cette troisième audience du procès de M. Moubarak qui s’est ouvert début août, qu’il n’était pas au courant d’instructions formelles pour ouvrir le feu sur les manifestants.
Cette audience, à laquelle M. Moubarak, 83 ans, assiste allongé sur une civière, vise à déterminer les responsabilités dans les tirs contre les manifestants pendant la révolte qui a abouti à la chute du président le 11 février dernier.
Quelque 850 personnes ont été tuées lors de ces événements, selon des chiffres officiels.