Égypte: les militants d'ONG jugés à partir de dimanche
Le procès pour financement illicite de 43 militants d’ONG pro-démocratie en Égypte, source de vives tensions avec les États-Unis dont 19 ressortissants figurent parmi les prévenus, va s’ouvrir dimanche au Caire.
Des élus américains ont averti que ce procès risquait d’avoir des conséquences irrémédiables sur les relations entre l’Egypte et les Etats-Unis, principaux bailleurs de fonds des autorités égyptiennes, avec une aide annuelle d’1,3 milliard de dollars.
Fin décembre, les locaux de 17 ONG spécialisées dans le soutien à la société civile ont été perquisitionnés. Les organisations, dont certaines ont formé des candidats à faire campagne et d’autres des observateurs pour les scrutins, ont été accusées d’ingérence “politique”.
Il n’y a pas eu d’arrestation, mais plusieurs Américains ont trouvé refuge à l’ambassade des Etats-Unis au Caire. Parmi eux, le principal prévenu, Sam LaHood, fils du ministre américain des Transports Ray LaHood, et dirigeant de la section Egypte de l’International Republican Institute (IRI).
L’avocat Negad El-Boraï, qui représente plusieurs accusés américains, a indiqué qu’il ne s’attendait pas à les voir comparaître dimanche.”Je ne m’attends pas à ce qu’ils viennent, étant donné la façon dont les choses sont en train de tourner”, a-t-il déclaré à l’AFP.
Outre les Américains et les Egyptiens, il y a parmi les prévenus des Serbes, des Norvégiens, des Allemands, des Palestiniens et des Jordaniens. Ils sont tous sous le coup d’une interdiction de quitter le territoire.
Ils sont accusés d’avoir “établi des branches non accréditées d’organisations internationales” et d’avoir “accepté des fonds étrangers pour financer ces organisations en violation de la souveraineté de l’Etat égyptien”, d’après l’agence officielle égyptienne Mena.
Parmi les 17 ONG visées, outre l’IRI, figurent les organisations américaines National Democratic Institute (NDI) et Freedom House, ainsi que la fondation allemande Konrad Adenauer.
Le financement illicite porte sur un total de quelque 48 millions de dollars, toutes ONG confondues, selon l’acte d’accusation.
Ces poursuites interviennent alors que l’armée, au pouvoir depuis la chute de Hosni Moubarak il y a un an, fait l’objet de critiques de plus en plus vives pour sa gestion de la transition.
Des organisations égyptiennes de défense des droits de l’Homme et des élus américains ont condamné le procès comme étant “politique”.
L’enquête a été faite dans “le but de salir la société civile, surtout les organisations de défense des droits de l’Homme, et de les dépeindre comme des (…) des conspirateurs contre la stabilité du pays”, ont écrit 29 ONG égyptiennes dans un communiqué commun.
La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a souhaité lundi une solution “aussitôt que possible” à cette affaire, répétant que les Etats-Unis étaient “profondément préoccupés” par la situation.