Émeutes, saccage et violence : un vendredi “explosif” à Alger
Les magasins de gros des produits alimentaires de première nécessité n’ont pas ouvert leurs portes hier vendredi.
Des dizaines de jeunes se sont regroupés à côté d’une carcasse d’un véhicule entièrement calciné devant le siège du concessionnaire automobile français « Renault » à la cité El-Afia,commune de Kouba . Les magasins de gros des produits alimentaires de première nécessité n’ont pas ouvert leurs portes hier vendredi. Tafourah et la Place du 1er Mai n’ont pas retrouvé leurs activités habituelles suite aux actes de vol et de saccage enregistrés. Les bus de transport en commun ne se sont pas présentés à la gare routière de Tafourah, tandis que, des véhicules blindés de la police ont été mobilisés dans ladite localité. Il était 11 heures du matin lorsqu’on est sortis du siège du journal « Echorouk » à Kouba. En dépit des opérations de nettoyage effectuées par les agents de la commune de ladite localité, des restes de pneus et de poubelles calcinés à la cité « Maya » sont encore visibles. Les services de sécurité n’ont pas pu arrêter les appels à des actes de violence prévus juste après la prière de vendredi. Ces appels ont créé un climat de psychose au sein de la population, alors que la flambée des prix a vidé leurs poches. De nombreux citoyens se sont rassemblés dans un fast-food à El-Afia, . Cette même localité avait, pour rappel, vécu de vives manifestations à cause de la crise de logement. Ces protestataires se sont regroupés cette fois-ci à cause de la flambée des prix de l’huile et du sucre. Lorsqu’on s’est rendus au marché de gros de Semmar qui connaît une grande activité le vendredi, n’était pas comme à l’accoutumée. Des vendeurs voulaient écouler leurs marchandises le plus tôt possible. Les prix des fruits et légumes étaient stables. Le prix du kilogramme de pomme de terre était affiché à 35 DA. Un des commerçants appelle ses clients à acheter des oranges à 65 DA le kilo. Il semblait que ces acheteurs venaient acquérir des biens de première nécessité. Le bruit des hélicoptères qui survolaient les rues d’Alger rendait l’atmosphère très tendue. Les rues et ruelles de Kouba, Hussein-Dey, Semmar, Ruisseau et Belcourt étaient toutes en bleu. A l’hôpital Mustapha-Pacha, on a enregistré vers 11 :30 que peu de véhicules y entraient. Ceux des services de sécurité étaient stationnés devant cet établissement hospitalier. La rue Hassiba Ben Bouali était déserte, pas un seul magasin ouvert et peu de véhicules y circulaient, à l’exception de quelques personnes qui faisaient leurs emplettes. 14 :10 à la Place des martyrs, un climat de colère s’est installé. Des dizaines de jeunes entouraient une dame qui tenait entre ses mains une banderole en carton devant le siège de la sûreté urbaine de « Triolet » en criant : « Rendez-moi mon fils. Il n’a rien fait pour qu’il soit arrêté ». La moyenne d’âge des personnes qui circulaient dans les rues de Bab El Oued ainsi qu’au niveau du marché « Dellala » ne dépasse pas 20 ans. Les rues et les magasins ont été affectés par ces rumeurs qui circulaient dans les rues d’Alger. Ainsi, des citoyens ont indiqué qu’ils n’ont pu dénicher au moins une seule bouteille d’huile à cause de la flambée des prix de ce produit de première nécessité. Par ailleurs, des commerçants de gros s’étaient inquiétés des actes de saccage commis par des jeunes acharnés. Les grandes rues de la Capitale étaient sur le qui-vive. Une banque incendiée au quartier Sidi Yahia, à Hydra avait réduit le trafic routier vendredi. Des citoyens étaient contraints de se déplacer dans des marchés qui n’ont pas été affectés par les actes de violence pour faire leurs emplettes. Une dame à la recherche de la fameuse « Rechta » répétait : « Que Dieu calme les esprits de nos jeunes ». 13 :30 : on est rentrés au siège du journal « Echorouk » au moment ou l’imam appelait les fidèles à la prière du vendredi.