Escroquerie à la mosquée de Guelma: le muezzin, le gardien et un bénévole accusés de détournement de fonds
Le représentant du ministère public à requis hier, lors de l'audience qui a eu lieu au tribunal de Guelma, 10 ans de prison ferme et une amende de 100 millions de centimes à l’encontre d’un muezzin, le gardien de la mosquée et un bénévole, accusés de détournement de fonds issu des donations des bienfaiteurs et fidèles de la mosquée.Il s’agit là d’un grave précédent dans le secteur des affaires religieuses à Guelma. La commission religieuse de la mosquée Omar Ben Khettab à Ben Arar, commune d’Ain Khelouf, avait reçu l’autorisation de collecter les dons des bienfaiteurs de la mosquée Ben Badis à Guelma. Après vérification des sommes d’argents collectées, il a été constaté la disparition de 37 400 dinars, et 5470 dinars manquaient à ce montant.Le montant détourné a été par la suite retrouvé en possession du principal accusé qui l’a placé dans une bourse derrière le bureau du muezzin. Ce sont deux membres de la commission religieuse de la mosquée qui ont découvert le pot-aux-roses, avant que le scandale n’éclate. Devant la commission interne formée pour étudier l’affaire, le principal accusé a dénoncé ses complices et ces derniers ont fait des aveux par écrit et se sont engagés de restituer l’intégralité de l’argent volé, espérant que la page serait tournée. Mais trois témoins ont porté plainte et le procureur de la république a ordonné l’ouverture d’une enquête qui mènera à l’arrestation et la mise en détention provisoire des trois suspects.Lors de la séance du tribunal, le principal accusé, un bénévole âgé de 58 ans, a indiqué qu’il participait à la quête et qu’il prélevait à chaque fois de l’argent collecté, une somme oscillant entre 1000 et 2000 dinars pour acheter des produits de nettoyage pour la mosquée. Il a nié le vol de grandes sommes de l’argent des bienfaiteurs.Le second accusé, muezzin depuis 17 ans, a déclaré que toutes les donations atterrissaient à son bureau, et qu’il recevait à chaque fois 1000 dinars du premier accusé. Il a ajouté qu’il était prêt à remettre 10 millions de centimes à la mosquée pour clore définitivement cette affaire.Le troisième accusé lui, a tout nié, reconnaissant qu’il recevait de temps à autres des sommes d’argent du principal accusé, sans en connaitre l’origine.Les témoins qui ont déposé plainte sont pour leur part, formels. L’un d’eux a même affirmé que le détournement a touché également le fonds de la zakat. La commission de la mosquée s’est constituée partie civile et a réclamé 10 millions de centimes, alors que la direction des affaires religieuses n’a demandé aucun dédommagement.