EuroPalestine appelle à manifester samedi à Paris pour Gaza et la Cisjordanie
Olivia Zémor, présidente de CAPJPO-EuroPalestine, a appelé à une manifestation samedi 5 septembre à 14 h 30, place du Châtelet à Paris, pour dénoncer la situation dans la bande de Gaza et en Cisjordanie occupée.
L’association a confirmé ce rendez-vous sous le mot d’ordre « Le silence tue », en appelant les participants à venir nombreux et en famille.
Zémor affirme, dans une déclaration transmise à Anadolu, que « la situation est grave » et fait de la rentrée scolaire en France un contrepoint à la situation des enfants palestiniens. « Pendant que nous faisons notre rentrée scolaire ici, à Gaza, Israël tue les enfants, y compris à l’intérieur des tentes », déclare-t-elle.
Elle accuse également Israël de bloquer l’aide humanitaire et estime que « la faim, la soif, les épidémies ont fait leur réapparition ». Même si les données récentes des Nations unies semblent décrire une situation plus nuancée quant à l’entrée de l’aide, les agences humanitaires continuent de signaler d’importantes restrictions et des besoins considérables.
La situation alimentaire demeure ainsi extrêmement fragile malgré une petite amélioration par rapport à la famine constatée en 2025, selon la FAO, le Programme alimentaire mondial et l’UNICEF.
Israël affirme pour sa part faciliter l’aide humanitaire et conteste les accusations selon lesquelles il en empêcherait l’entrée.
La bande de Gaza reste confrontée à des destructions massives, à des déplacements et à une profonde crise sanitaire. L’UNRWA a décrit un système de santé ayant subi un « effondrement systémique », marqué notamment par la destruction d’infrastructures, les déplacements répétés, les restrictions d’accès et les pénuries de médicaments, de matériel médical et de carburant, causés par les attaques israéliennes.
Zémor dénonce parallèlement la situation en Cisjordanie occupée, où elle qualifie les violences imputées aux colons et aux soldats israéliens de « pogroms tous les jours » destinés, selon elle, à « chasser un maximum de Palestiniens de leurs villages ».
Les relevés du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies, l’OCHA, font état d’une forte intensification des violences liées aux colons en 2026. L’agence onusienne a recensé plus de 1 200 attaques de colons ayant provoqué des victimes ou des dégâts matériels entre le début de l’année et le 6 juillet, dans plus de 240 communautés palestiniennes.
Plus de 2 300 Palestiniens, dont plus de 1 000 enfants, ont également été déplacés en Cisjordanie depuis janvier dans le contexte des violences de colons et des restrictions d’accès qui leur sont associées, selon l’OCHA.
La présidente d’Europalestine évoque aussi « près de 10 000 Palestiniens et Palestiniennes » détenus par Israël et dénonce des violences, la faim et la torture dans les prisons. Un rapport du secrétaire général des Nations unies indiquait que 9 384 Palestiniens étaient détenus par Israël en mai 2026, dont 3 376 en détention administrative sans procès et 1 283 sous le statut israélien de « combattants illégaux ».