Extrémistes en Libye et Al-Qaïda: des affinités mais pas d'affiliation
Profitant de l?anarchie sécuritaire, des groupes se revendiquant de l?idéologie d?Al-Qaïda prolifèrent en Libye mais le réseau dont l?un des chefs vient d’être capturé par des agents américains à Tripoli se garde d’agir ouvertement sur le sol libyen, selon des experts.
Abou Anas al-Libi, qui figurait parmi les personnalités les plus recherchées par la police fédérale américaine, a été capturé samedi par les forces spéciales américaines lors d’un raid audacieux à Tripoli.
Réprimés et persécutés sous le régime de Mouammar Kadhafi, les islamistes ont fui le pays dans les années 1990 pour s’installer en Afghanistan ou en Irak, où certains se sont affiliés au réseau Al-Qaïda.
Plusieurs d’entre eux, comme c’était le cas d’Abou Anas, sont rentrés en Libye pendant l’insurrection contre le régime kadhafiste en 2011.
Leur engagement au côté des rebelles libyens leur a permis de se faire connaître, d’amasser un arsenal militaire redoutable et de former des milices qui ont gagné en influence en particulier dans l’est du pays.
Certains y ont établi des camps d’entraînement et recrutent des jeunes, libyens et étrangers, en particulier pour les envoyer combattre en Syrie, selon un diplomate en poste à Benghazi (est) s’exprimant sous couvert d’anonymat.