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France: Amnesty International dénonce l’usage de la force contre des lycéens mobilisés

Echoroukonline
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France: Amnesty International dénonce l’usage de la force contre des lycéens mobilisés

Amnesty International France a évoqué, jeudi, le recours à la force lors des interventions des forces de l’ordre pendant les blocages et mobilisations de lycéens, faisant état de plusieurs adolescents blessés.

Dans une série de publications sur le réseau social américain X, l’organisation a notamment évoqué le cas d’un lycéen de 14 ans grièvement blessé le 28 septembre à Saint-Ouen-l’Aumône, dans le Val-d’Oise, après avoir été touché à la mâchoire par un projectile tiré à très courte distance avec une lance-grenades.

L’adolescent, qui a perdu plusieurs dents, a été hospitalisé à Pontoise. Deux enquêtes ont été ouvertes, dont l’une concernant l’utilisation des lance-grenades, tandis que le Défenseur des droits s’est saisi de l’affaire.

Amnesty France a également signalé le cas d’une adolescente de 14 ans qui aurait été violemment séquestrée au cou par un policier devant son lycée à Alençon, le 29 septembre. Et rappelle que les techniques d’étranglement en maintien de l’ordre sont interdites.

L’organisation a par ailleurs évoqué le cas d’un lycéen blessé à l’œil à Tours lors du blocage de son établissement, le 30 septembre. Le parquet a indiqué que les lésions constatées étaient « compatibles » avec un tir de lanceur de balles de défense (LBD), sans établir à ce stade l’origine exacte de la blessure. L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie.

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé l’ouverture de trois enquêtes de l’IGPN concernant des adolescents blessés au cours des mobilisations.

Amnesty appelle à un usage « proportionné » de la force

Amnesty International France a souligné que, même en cas de violences commises par certains manifestants ou lors d’interpellations, l’usage de la force devait rester « proportionné ».

« Soyons clairs : depuis le début des blocus, il y a aussi eu des violences de la part de certains manifestants. Elles ne sont pas acceptables », a indiqué l’organisation, ajoutant que, même dans ces situations, le recours à la force devait respecter le principe de proportionnalité.

Amnesty estime également que les lance-grenades ne doivent jamais être utilisées en tir direct contre des personnes et a renouvelé son appel à suspendre l’utilisation du LBD 40 lors des manifestations.

L’organisation a en outre rappelé que les lycéens, y compris les mineurs, disposent du droit de manifester pacifiquement et a appelé les autorités à privilégier « le dialogue et la désescalade ».

Le gouvernement dénonce une montée des violences

De son côté, le gouvernement a fait état de violences aux abords de plusieurs établissements, notamment des dégradations, des incendies, des tirs de mortiers d’artifice et des affrontements avec les forces de l’ordre.

Matignon a déclaré jeudi une « bascule de violence », tandis que l’exécutif a estimé que le mouvement avait évolué vers des « violences urbaines ».

Laurent Nuñez a demandé aux forces de sécurité de rétablir l’ordre lorsque cela était nécessaire, tout en rappelant l’exigence de proportionnalité dans leur intervention.

Jeudi 1er octobre, le ministère de l’Intérieur a fait état de 1 949 interpellations au cours de la journée, principalement pour des violences, des attroupements et des atteintes à des personnes dépositaires de l’autorité publique. Selon le bilan communiqué par le ministre de l’Intérieur, 284 policiers et gendarmes ont été blessés.

Le ministère de la Justice faisait pour sa part état, jeudi soir, de 1 793 gardes à vue depuis lundi.

Plus de 1 000 lycées concernés

La mobilisation a touché jeudi 1 027 établissements, dont 222 ont fait l’objet de blocages, selon les chiffres officiels.

Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a également fait état de 235 blessés depuis lundi dans les établissements scolaires, dont 170 élèves et 65 membres du personnel.

Plus de 400 établissements scolaires sont fermés vendredi 2 octobre, notamment en raison de dégradations affectant la sécurité de certains sites ou de menaces visant des personnels. Des mesures d’enseignement à distance ont été prévues dans les établissements concernés.

Le mouvement s’est également étendu aux universités. L’Union étudiante affirme qu’une trentaine de campus a été bloquée, un chiffre qui n’a pas été confirmé par les autorités.

Née de revendications portant notamment sur le manque d’enseignants et de personnels, l’état des établissements et les conditions de scolarité, la mobilisation

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