Ghoul sur le crash: «Aucune hypothèse n’est à exclure»
«Sur les causes du crash de l’avion d’Air Algérie au nord du Mali, aucune hypothèse n’est à exclure», a affirmé Amar Ghoul, ministre des Transports lors d’une conférence de presse qu’il a donnée vendredi à l’aéroport Houari-Boumediène.
En réponse aux questions des journalistes sur l’hypothèse d’un acte terroriste en raison du danger qui régne dans cette zone où activent les groupes terroristes, le ministre des Transports a répondu que «les enquêtes sont en cours et que les investigations sur ce type d’accident nécessitent du temps», expliquant que «je ne peux exclure aucune hypothèse jusqu’à la fin de l’enquête où l’on privilégie une hypothèse sur une autre». Par ailleurs, Amar Ghoul a mis l’accent sur la nécessité de faire preuve de vigilance et d’éviter toute spéculation jusqu’à ce que les parties concernées rendent leurs conclusions de l’enquête.
En outre, le ministre a indiqué qu’il était prématuré d’avancer les causes réelles du crash avant que les enquêtes ne s’achèvent et que d’après les premiers éléments l’hypothèse des mauvaises conditions climatiques serait la plus privilégiée, avant d’ajouter que c’est au Mali qui doit piloter les investigations étant donné l’accident s’est produit sur son territoire et ce conformément à la loi internationale. Il a ajouté que l’Algérie, la France et tout autre pays vont l’aider, tout comme il a expliqué qu’il n’était pas facile de mener des enquêtes sur cet accident qui s’est produit dans une zone difficile à atteindre surtout que certains débris de l’appareil s’étaient étendus sur une distance de plus de 100 m, voire à 300 m du lieu du crash.
Pour Amar Ghoul, les investigations nécessitent la sécurisation de la zone et des moyens de transports nécessaires, sachant que l’endroit est distant de 800 km de l’aéroport de Bamako et affirmant que l’acheminement des dépouilles prendrait du temps.
L’Etat algérien a mobilisé tous les moyens sur instruction du chef de l’Etat pour coordonner avec le Mali et tous les Etats dont les victimes sont originaires », explique-t-il.
Par ailleurs, le ministre a souligné que l’une des boites noires que contenait l’appareil affrété par Air Algérie a été retrouvée et qu’elle sera examinée par la commission d’enquête et l’Organisation d’aviation civile pour déterminer les causes de l’accident.
A la question des journalistes sur l’état de l’appareil jugée être en mauvais état selon certaines sources, Ghoul a rejeté en bloc ces informations en affirmant « l’appareil espagnol a été autorisé. Il a été examiné à deux reprises à Marseille ».
Lamamra: l’Algérie est la première à apprendre que l’avion s’est écrasé
Le ministre des Affaires étrangères, Ramatane Lamamra, a affirmé que l’Algérie était la première à apprendre de certains groupes armés qui activent au Nord Mali que l’avion s’était écrasé, alors qu’ils étaient tout près du lieu du drame.
Le ministre des AE a souligné également que les autorités algériennes s’étaient entretenues avec le Burkina Faso, le Niger, le Mali, l’Espagne et la France pour enquêter sur l’accident et coordonnées avec les autorités maliennes pour le rapatriement des dépouilles des victimes.
Par ailleurs, Ramtane Lamamra a mis en garde la presse contre toute spéculation sur les causes du crash qui ne fait selon lui que « jeter de l’huile sur le feu ». A cet effet, il a annoncé que le président de la République a décrété un deuil de trois jours à la suite de l’accident subi par le vol d’Air Algérie.