Grèce : le bateau américain pour Ghaza arraisonné
Un navire américain a quitté Athènes, où la flottille internationale patientait depuis une semaine. Ils ont été rattrapés par les autorités grecques, qui leur avaient formellement interdit de quitter le port.
Pour l’« Audacity of Hope », la virée fut de courte durée. Aux environs de 15 h 30 cet après-midi, le bateau américain a quitté le port d’Athènes, où la flottille internationale est retenue depuis une semaine. « Ils piaffaient d’impatience », relève Alain Bosc, de la Cimade, pour expliquer le départ du bateau américain en direction de Ghaza. « Depuis plusieurs jours, les Américains insistaient beaucoup pour qu’on parte, rappelle le militant. Leurs équipes étaient prêtes, leurs chargements étaient prêts. Ils en avaient marre d’attendre ». Or les autorités grecques leur avaient formellement interdit de quitter le port. Tout l’enjeu était donc de savoir si l’équipage allait atteindre les eaux internationales avant d’être rattrapé. L’espoir a été de courte durée : les vedettes à ses trousses, le bateau a fait demi-tour. La Grèce a interdit à tout bateau d’appareiller de ses ports en direction de Ghaza. « L’équipe américaine nous a mis dans l’embarras, assure Alain Bosc. D’abord parce qu’on venait de multiplier les manifestations pour que les autorités grecques se fassent plus conciliantes. Ensuite parce qu’on voulait frapper un coup fort en partant tous ensemble ». En une semaine, le départ de la flottille internationale qui entend défier le blocus maritime de Gaza imposé par Israël a été plusieurs fois reporté. Les activistes attendaient en effet que le navire suédois soit réparé, samedi soir, et annonçaient un départ « en début de semaine prochaine », selon Claude Leostic, porte-parole de la campagne française Un bateau pour Ghaza. Alors qu’il mouillait au Pirée, le célèbre port d’Athènes, le « Juliano » avait vu son arbre d’hélice à moitié sectionné en deux endroits bien distincts. Un sabotage, selon les ONG. Les militants pro-palestiniens subissent aussi, selon Claude Leostic, « une forme de harcèlement de la part des autorités grecques, qui vérifient et revérifient nos papiers pour voir si tout est en règle. Ils espèrent que nous renoncerons, bien sûr. Mais nous restons déterminés. »