Hadi Chelouf : «J’ouvrirai les frontières avec l’Algérie et je supprimerai les taxes douanières»
Le docteur Hadi Chelouf a exposé les grandes lignes de son programme qu’il compte mettre en œuvre en cas de son élection à la tête de l’exécutif libyen. Il a révélé à Echorouk qu’il ne se réconciliera pas avec les parties ayant soutenu Mouammar Kadhafi avant que le justice libyenne ne se prononce, y compris avec Mustapha Abdeldjalil le président du Conseil national de transition (CNT). Le candidat au poste de chef de gouvernement a indiqué qu’il coopérera avec l’Algérie et ouvrira une nouvelle page au cas où il serait élu.
Echorouk : quels sont vos projets au cas où vous seriez élu à la tête de l’exécutif en Libye ?
Hadi Chelouf : nous souhaitons établir un État moderne qui permet à tout le monde de participer dans la gouvernance. Aucune partie et aucune frange ne sera exclue. Le gouvernement unira les islamistes et les laïcs autour de la même table. En tant qu’arabe et musulman, j’ai été désigné en tant que candidat pour être à la tête du gouvernement vu que j’ai une solution au conflit entre islamistes et laïcs en Libye.
Echorouk : vous a-t-on proposé officiellement de prendre le poste de chef de l’exécutif ?
Hadi Chelouf : pour l’instant on ne m’a pas demandé officiellement d’être à la tête du gouvernement en Libye. Mais on m’a contacté et nous avions discuté avec plusieurs parties du CNT pour former un nouveau gouvernement. Il ne s’agit pas d’un choix mais d’une décision commune. Nous avons besoin d’avoir l’avis de toutes les parties, sans différend et sans aucune exclusion.
Echorouk : au cas où vous seriez élu, que feriez-vous ?
Hadi Chelouf : je formerai un Conseil constitutionnel et une commission composée d’experts de différents pays pour élaborer une nouvelle Constitution. Par la suite, il faudrait organiser des élections pour élire le président des Libyens et leurs représentants. La nouvelle Constitution garantira les droits et libertés des Libyens et permettra de créer des partis politiques. En plus de cela, elle déterminera le mandat présidentiel de quatre ans renouvelable une seule fois. Et pour éviter que les futurs présidents libyens n’amendent l’article déterminant le nombre des mandat et leur durée, je demanderai d’élaborer une Constitution non amendable et cela sera décidé par un referendum populaire.
Echorouk : ne craignez-vous pas des pressions venant de certains pays tels que la France et le Royaume-Uni qui peuvent influer sur les décisions du peuple libyen ?
Hadi Chelouf : Nous ne pouvons pas nier l’existence de pressions extérieures. Mais nous ne permettrons à aucun pays qu’il soit arabe ou occidental de s’ingérer dans les affaires intérieures de la Libye. Nous allons prendre en compte les intérêts de la Libye
Echorouk : vous aviez déclaré qu’il n y aura pas de réconciliation avec les anciens symboles du régime avant leurs jugements. Cela est-t-il valable aussi pour les personnes faisant partie du CNT ?
Hadi Chelouf : toutes les personnes qui ont travaillé avec le régime de Mouammar Kadhafi devront présenter une décharge financière et politique, y compris les membres du CNT. Cela pour que des mesures soient prises à l’encontre de ceux qui ont travaillé avec l’ancien régime. Je n’accuserai pas Mustapha Abdeldjalil (président du CNT) ni quelqu’un d’autre. Nous demanderons la formation d’une commission d’enquête autonome qui se chargera de cette question.
Echorouk : quelle sera votre relation avec l’Algérie au cas ou vous seriez élu à la tête de l’exécutif en Libye ?
Hadi Chelouf : notre relation avec l’Algérie n’est pas uniquement une relation de voisinage, mais de fraternité. Je contacterai le gouvernement algérien pour lui demander d’être plus ferme contre la famille de Kadhafi. Nos relations avec l’Algérie ont un aspect historique et stratégique. Il n’y a aucun conflit entre les peuples algérien et libyen. Il existe quelques différends en matière de politique. Ces différends seront réglés par le dialogue et par l’ouverture d’une nouvelle page dans les relations entre les deux pays frères et entre la Libye les autres pays arabes et musulmans. Je travaillerais pour l’ouverture des frontières avec l’Algérie et les autres pays arabes et musulmans et pour la suppression des taxes douanières en cas d’accord réciproque de toutes les parties.
Echorouk : ces derniers projets (ouverture des frontières et pour la suppression des taxes douanières) seraient-t-ils un projet parallèle à l’Union du Maghreb arabe (UMA) ?
Hadi Chelouf : je supprimerai l’UMA parce qu’il est un projet politique qui n’arrange que les intérêts des gouvernants des pays du Maghreb. A sa place nous œuvrerons pour créer un marché commun, un projet purement économique loin des calculs politiques.