Hussein Darwish: «Nous avons perdu la sympathie des Français»
Le président du Conseil des imams de France, Hussein Darwish, a déclaré qu’il y a une responsabilité partagée entre les gouvernements français successifs et certains imams en Europe, notamment en France, dans la diffusion du phénomène de l’extrémisme, dont l’une de ses facettes est la dernière attaque sanglante qu’a connue Paris, vendredi dernier.
Selon le Dr Darwish, il n’y a qu’à voir comment ces gouvernements, de droite, comme de gauche, traitent avec les résidants des banlieues françaises, la plupart d’entre eux des musulmans.
Il a déclaré, dans une interview à notre quotidien, que la France officielle n’a pas offert beaucoup pour les gens des banlieues et les a laissé à leur situation, le résultat est que les jeunes sont devenus une proie facile pour des idées extrémistes.
Parallèlement, la communauté musulmane, par rejet, a des difficultés à s’intégrer, en sus d’une mauvaise compréhension du véritable islam, celui de la tolérance, par les jeunes français musulmans.
Pour ce faire, il a demandé au ministère de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, lors d’une réunion, d’anticiper les problèmes de la communauté avec le soutien de scientifiques et des spécialistes en psychologie et en sociologie et de la société civile.
Il a ajouté que ce que je sais de la société française, c’est qu’elle est tolérante avec toutes les communautés.
Mais cette fois-ci, par rapport aux événements de Charlie Hebdo, le mois de janvier dernier, la réaction à l’égard de la communauté musulmane est plus hostile, car elle ne comprend pas le sens de ces tueries inutiles au nom de Dieu !
Ce qui a jeté l’opprobre sur la communauté musulmane et ajouté du grain à moudre à tous les partis extrémistes, racistes et xénophobes.
En ce qui concerne les activités dudit conseil, Darwish explique qu’il a bien mené son rôle pendant des années, mais récemment il a échoué, soit en raison de conflits internes entre les Maghrébins eux-mêmes et avec les Turcs.
Il a également salué l’initiative de l’Algérie d’envoyer des imams en France pour prêcher la bonne parole à notre communauté, tout en insistant qu’ils doivent bien maîtriser la langue française pour faire passer le message aux enfants de la deuxième et troisième génération, car 70% d’entre eux ne parlent pas l’arabe.