Jacques Vergès à Echorouk : « les algériens sont restés fideles à leurs principes de libération, et les palestiniens doivent d’abord s’unir avant de parler d’indépendance »
Jacques Vergès, une figure emblématique de la révolution algérienne, a assisté à la conférence sur le droit des peuples à l’autodétermination, qui a été tenue à Alger. En marge de cette conférence, Jacques Verges a répondu volontiers aux questions d’Echorouk, dont le contenu est ci-après.
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Echorouk : Monsieur Jacques Verges, que signifie votre présence à la conférence d’Alger pour le droit des peuples à l’autodétermination ?
J. Vergès : Cela signifie premièrement que mes amis algériens sont toujours fideles aux principes de la liberté et de l’indépendance. Cette conférence est importante, et elle m’a beaucoup marquée.
Echorouk : Qu’attendiez-vous de cette conférence pour les peuples colonisés ?
J. Vergès : Je m’attends à ce qu’elle trace le chemin qu’il faudrait emprunter à l’avenir pour faire face aux défis qui empêchent l’indépendance des pays colonisés et même indépendants. Il y a beaucoup de pays qui espèrent l’indépendance, mais les forces coloniales les menacent. Nous avons vu ce que les USA ont fait en Iraq, et ce qu’ils font contre le peuple Afghan.
Nous avons vu aussi les crimes commis par l’armée Israélienne lors de l’attaque contre la bande de Gaza, en plus de ses menaces pour l’indépendance de la Syrie et du Liban. C’est pour cela que j’attends de cette conférence des solutions qu’il faudrait trouver pour affronter le danger colonial et impérial.
Echorouk : Il y a des cause justes, telle que la question Sahraouie, et qui ont trouvé une solution, telles que la Sorinem et Bruney..Mais d’autres causes par contre, telle que la Palestine, qui remontent à plus d’un siècle, mais tout de même elle n’a pas aboutit à une solution. Comment l’expliquez-vous ?
J. Vergès : Premièrement, les Palestiniens doivent s’unir avant parler de leur indépendance. Ils doivent aussi se débarrasser des agents israéliens, qui sont infiltrés parmi eux.
Echorouk : Et qu’en est-il de la question du Sahara Occidental ?
J. Vergès : Pas grande chose à dire. Le Maroc s’efforce à étouffer le peuple Sahraoui.
Echorouk : Mais, c’est une question sans solution. N’est ce pas ?
J. Vergès : Peut-être à cause de la faiblesse du courant de libération, qui était représenté par des hommes tels que Djamel Abdenasser et Sukarno, et ensuite le président algérien Houari Boumediene.