Jordanie: nouvelle mobilisation à Ramtha après la mort d'un détenu
Les proches d'un détenu mort en prison, qui contestent la thèse d'un suicide évoquée par la police, se sont de nouveau mobilisés dimanche dans la ville jordanienne de Ramtha, près de la frontière syrienne, pour exiger que le “meurtrier” soit jugé.
“Nous avons bloqué la route internationale qui mène de Ramtha (95 km au nord d’Amman) à la Syrie pour demander le jugement de son tueur”, a déclaré Fathi Zouhbi, frère de Najem, 20 ans, décédé dans la nuit de mercredi à jeudi dans sa cellule.
“Nous poursuivrons notre mouvement de protestation jusqu’à ce que l’identité du tueur de Najem soit identifiée”, a-t-il expliqué au téléphone.Des habitants de Ramtha ont confirmé que la route était bloquée par des pierres et des pneus en feu.
Interrogé par l’AFP, le porte-parole de la police Mohamad Khatib a minimisé l’incident, affirmant qu’une “trentaine de personnes ont bloqué une route principale avec des pierres et en brûlant des pneus”.
“La situation est en voie d’être réglée, des députés, des sénateurs et d’autres personnalités sont en train d’intervenir auprès de la famille Zouhbi”, qui appartient à l’une des plus grandes tribus du nord de la Jordanie, a-t-il dit.
“L’autopsie auquel mon oncle, lui-même médecin, a assisté fait état de mort par asphyxie. Selon mon oncle, il a été étranglé et il ne s’est pas pendu comme l’affirme le rapport du médecin légiste”, a ajouté Fathi.
Quelques heures après l’annonce du décès de Najem, des manifestations violentes avaient éclaté à Ramtha. Le siège administratif du gouverneur, le tribunal de la ville et une voiture de police avaient été incendiés.La situation était revenue au calme après que le Premier ministre Aoun Khassawneh se fut engagé à ce que la lumière soit faite sur cette affaire.
Un responsable jordanien avait affirmé jeudi à l’AFP que Najem avait été arrêté avec deux Syriens, “qui étaient surveillés par les Renseignements militaires” et qu’il avait emmenés “chez un marchand pour acheter des armes”.La mère de Najem a déclaré de son côté ne “pas comprendre” pourquoi son fils, qui avait “un dossier vierge”, a été arrêté.