Juba libère 14 prisonniers de guerre soudanais en signe de “bonne volonté”
Le Soudan du Sud a libéré mercredi quatorze prisonniers de guerre soudanais, dans un geste de “bonne volonté” envers le Soudan, avec qui les tensions sont extrêmes depuis quelques semaines le long de leur frontière commune.
“C’est un geste de bonne volonté (…) sur une base humanitaire,” a déclaré un responsable du ministère sud-soudanais de la Défense, le général Kuol Deng Abot, alors que les soldats soudanais étaient remis à des membres du Comité international de la Croix rouge (CICR).
La zone frontalière, pétrolifère et contestée de Heglig s’est retrouvée, à partir de fin mars, au coeur d’une escalade de violences entre les deux voisins. L’occupation du champ pétrolier par les forces sud-soudanaises, du 10 avril jusqu’au week-end dernier, ont exacerbé les tensions.
Les combats à l’artillerie lourde se sont enchaînés dans la zone, comme les bombardements aériens soudanais, opérés jusqu’à plusieurs dizaines de km à l’intérieur du territoire sud-soudanais.
La situation sur le terrain a poussé mercredi le président sud-soudanais, Salva Kiir, à écourter une visite officielle à Pékin. Le dirigeant avait la veille estimé que les frappes aériennes soudanaises revenaient à une déclaration de guerre de Khartoum contre son pays.
A la frontière, “c’est calme maintenant (…) mais cela ne veut pas dire que les bombardements sont finis,” a indiqué un porte-parole de l’armée sud-soudanaise, Kella Kueth. Le Soudan “pourrait les reprendre à n’importe quel moment, parce qu’ils ne tiennent pas compte des injonctions” de la communauté internationale, a-t-il ajouté.
Juba dit avoir retiré ses troupes de Heglig à la demande insistante de la communauté internationale, qui craint une nouvelle guerre ouverte entre les deux voisins et appelle depuis des semaines les deux capitales à la retenue.
Les prisonniers libérés mercredi avaient été capturés quand le Sud a pris Heglig. L’un d’eux a choisi de rester au Sud, les 13 autres seront renvoyés par avion au Soudan via l’Egypte.
“Nous espérons que ce processus contribuera à apaiser la situation entre le Soudan et le Soudan du Sud,” a déclaré l’ambassadeur égyptien, Moyad el-Dalie.