La CLTD à l’heure de l'évaluation
Les leaders de la Coordination pour les libertés et la transition démocratique (CLTD) se sont donné rendez-vous pour mercredi afin de réfléchir sur les modalités d’application des recommandations ayant sanctionné la conférence pour la transition démocratique tenue le 10 juin dernier.
La CLTD qui a réussi à fédérer les différentes parties d’opposition autour d’une même table à l’occasion de la conférence nationale qu’elle a organisée à l’hôtel Mazafran le 10 juin dernier, cherche à trouver les moyens permettant la réalisation des objectifs escomptés et assignés, notamment la mise en place d’une instance de concertation et de suivi tandis que des personnalités ayant participé à ce rendez-vous ont émis quelques réserves.
A l’image de Tahar Benbaïbeche, président du parti El Fedjr El Jadid et membre du pôle du changement qui insiste à être associé dans la prise de positions et des décisions par la coordination.
Contacté par Echorouk, Tahar Benbaïbeche a indiqué avoir répondu favorablement à l’invitation de la CLTD insistant sur la nécessité de travailler en commun à travers l’implication de tout le monde pour aboutir à une conception pour rassembler l’opposition. Ce qui signifie que le groupe d’Ali Benflis souhaite jouer un rôle vital dans les démarches à entreprendre pour parvenir à réaliser une transition démocratique pacifique.
Le pôle de changement refuse la proposition d’introduire la phase de transition dans la plateforme de la CLTD, sous prétexte qu’elle est irréalisable sur le terrain étant donné qu’elle prévoie d’isoler complètement le pouvoir de la scène politique.
Sur ce sujet, Tahar Benbaïbeche a expliqué que le pôle n’avait pas l’intention d’imposer sa propre plateforme: « Nous voulons proposer notre vision sur toute question posée », ajoutant qu’ils n’ont aucun différend avec la CLTD, estimant être d’accord sur les grandes questions, dont le retour de la légitimité, renforcement du processus démocratique ainsi que l’établissement d’un Etat d’institutions.
Notre interlocuteur a expliqué qu’un mandat-transition est l’une des conceptions qui se base essentiellement sur le dialogue, tout en refusant catégoriquement la période de transition que le CLTD n’a pas évoquée lors de la conférence en vue d’éviter la désunion.
De son côté, l’ancien leader du FIS-dissous, Abdelkader Boukhemkhem a estimé que la plateforme présentée par la CLTD ignore la référence islamique de la Nation et du peuple algériens. « Nous sommes un peuple musulman », a-t-il dit estimant que cela est dû à l’existence de personnes au sein de la coordination qui ne connaissent rien de l’Islam et « qui auraient une culture occidentale ».